1-Argument 2012/13

(In)actualité de la logique de l’inconscient

Les processus du système Ics sont intemporels, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l’écoulement du temps, n’ont aucune relation avec le temps .La relation au temps elle aussi est liée au travail du système Cs.

S .Freud ‘l’inconscient’ p.96

 

Entre l’inconscient freudien et l’unebévue lacanienne, il y a une continuité fondamentale : l’inconscient est structuré comme un langage et ignore le temps.

 

 

Avec l’abandon par Freud de l’hypnose et de sa neurotica, le souvenir traumatique n’est plus à retrouver à un moment historique précis mais, grâce à l’association libre, il s’inscrit dans la logique du discours lui-même, de manière intemporelle.

Pourtant, c’est avec l’argument d’une temporalité démodée que nombre des détracteurs de la psychanalyse tentent aujourd’hui de démontrer que ces ‘vieilles lunes freudiennes’ sont obsolètes au regard d’une modernité qui, forte de ses assises enfin scientifiques, pourrait maintenant se passer de cet embarrassant appareil psychique.

L’activation de certaines zones de notre système limbique, révélée par l’imagerie médicale du cerveau, serait-elle la preuve irréfutable et définitive de la vétusté de nos concepts de mots d’esprit, de lapsus ou encore d’actes manqués ?

Un problème se pose face à ces conceptions hétérogènes : s’agit-il de les exclure pour rendre raison à notre post modernité ?

Et inversement.

Reconnaissons en effet que le refoulement et ses manifestations ne suffisent pas à rendre compte de la construction autistique qui nous oblige, quant à elle, à formuler de quel inconscient il s’agit dans cette structure.

De la même façon, le champ des psychoses nous invite à devoir repenser l’inconscient dans des termes où, si ‘l’inconscient est structuré comme un langage’, alors qu’en est-il de cet inconscient qui, dans cette lalangue spécifique au sujet psychotique, fonctionne plus sur un versant métonymique en raison de la forclusion qui modifie, voire même exclut, tout ou partie des processus de métaphorisation.

De même, dans les aphasies, nous constatons que les processus métaphoro-métonymiques ne sont plus à l’œuvre tout comme certains neurones ne le sont plus non plus. Ainsi, ce que l’on peut visualiser des atteintes corticales nous amène à rendre compte de ce que nous constatons au niveau du langage et par conséquent, de ce que cet inconscient peut produire dans de telles circonstances, tant sur le plan du langage que sur celui de l’atteinte de sa construction.

Les enfants, c’est bien connu, sont hors du temps même si leur logique s’adosse à une pensée plutôt métonymique pour des raisons différentes néanmoins de celles des psychoses. Cela nous oblige à dire quelque chose de cette forme si particulière de l’inconscient infantile.

Enfin sommes-nous certains entre psychanalystes de travailler avec le même concept d’inconscient ? Les effets d’après coup auxquels nous nous référons, tout comme la fonction de la répétition, sont-ils des concepts aussi communs que ce que nous avons tendance à croire ?

C’est toute la logique de l’inconscient qu’il est aujourd’hui nécessaire de faire entendre dans l’actualité que lui donnent ses détracteurs, tout autant que dans son in-actualité structurale puisque, en effet, l’inconscient ignore bien le temps…

 

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