Argument Bastia 18/09/2010

EXISTE-T-IL UN SYMPTOME QUI NE SERAIT PAS DU SEMBLANT ?

« Etre né en Corse serait donc porter en soi , dans sa plus extrême singularité, le tourment de l’ailleurs ; l’angoisse d’avoir affaire à l’Autre , l’habitant possible d’un dehors qui, menaçant de vider cette terre où nous sommes , la délimite pourtant et nous assigne à l’imaginaire sécurité d’un dedans bien clos.» Jean-Toussaint Desanti (1)

Cette première journée d’Analyse Freudienne en Corse nous invite à travailler la notion de symptôme dans la mise en question de sa spécificité .

En effet, la notion du symptôme en Corse , offre-t-elle des particularités ?

Le symptôme est partie intégrante du sujet et son expression est soumise à l’influence du milieu culturel historique et géographique , et ce , particulièrement dans la cas d’une île .

Y aurait-il donc une maladie de l’insularité ?

L’insulaire symptômatise-t-il d’une manière particulière ? La notion d’analyse singulière est-elle pérenne pour des petites communautés comme la Corse ?

La langue , par la superposition des cultures et par le mode d’énonciations du patient ne peut qu’enrichir notre écoute et nous sensibiliser à certaines tournures telles que « Je ne me parle pas avec celui-là », « ces chaussures ne me vont pas , elles me vont . »

Une prise entre deux mers qui représente si bien l’intrinsèque dualité de deux cultures , aurait-elle quelques effets sur la subjectivité insulaire des sujets ?

Le corps n’exprime t-il pas cela en faisant symptôme , là où la parole vient à manquer , dans une sorte d’intrinsèque déchirure des origines ?

L’emprise de la famille n’est plus à démonter en Corse , mais n’y aurait-il pas à remarquer la particularité , pas si ancienne , d’une technique de sevrage qui vouait très vite l’enfant à un univers familial où les tantes paternelles , souvent vierges et domestiques du reste de la famille, recouvraient alors une place centrale auprès de l’enfant , seul objet de leur désir ?

Le symptôme au vu de ces éléments nous conduit à penser qu’il est donc partie intégrante du sujet , et son expression , soumise à son espace . Il n’est , de ce fait, pas forcément à supprimer , mais à accueillir dans ses différents semblants .

Mais alors ne devons-nous pas différencier le symptôme et ses modes d’expression ? Le symptôme ne serait –il alors qu’un simple mode d’expression et de communication ayant une modalité aux allures singulières selon les lieux , les langues et l’histoire au sein desquels il se présente ?

Quelle place accorder à ces particularités (s’il y a lieu) dans le travail analytique ?

C’est autour de ces questionnements qu’ Analyse Freudienne vous invite , le 18 septembre 2010, dans la salle du Conseil Général de la Haute Corse à Bastia .

(1) Jean Toussaint Desnti : Effacer la Mer in : LA CORSE UNE AFFAIRE DE FAMILLE . p17 ; Ed : ACTES ECRITS ET EDITIONS DU QUAI .Jeanne Laffite 1984

 

PROGRAMME

Jean-Pierre RUMEN Psychiatre honoraire des Hôpitaux , Psychanalyste Ajaccio

« Une langue revivifiée symptôme ou synthome »

               (Ce texte se trouve dans le N° 18 De la revue AFP)   

Jean-jacques LECONTE Psychanalyste AF Paris

« Une prise entre deux mères »

Florence MERY Psychanalyste AF Lyon

« Sangs, blanc entre Saïgon et Lyon »

(ce texte se trouve dans le N°19 de la revue AFP sous le titre : “du Transfert dans la position sinthomatique”)

Robert LEVY Psychanalyste Paris « L’Insul’erre »

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