Argument : "Il n’y a pas d’interprétation hors transfert" 3décembre 2011-Paris

 

Argument :

De nos jours  la psychanalyse serait en perte de crédibilité, pourtant il n’est pas un jour sans que l’un ou l’autre des psychanalystes ne soit sollicité pour donner son interprétation sur des sujets aussi variés que les lapsus de nos hommes politiques, sur les objectifs de notre société, sur la psychopathologie des tyrans ou encore sur les raisons de telle ou telle rupture de  couples people.

Les récentes affaires politico-juridiques montrent combien le besoin de comprendre, pour ne pas dire deviner, ce qu’il y a derrière ce que l’on ne sait pas est toujours aussi présent et ce, en dépit  de toutes les tentatives scientifiques de répondre à nos ignorances. Alors devons-nous adhérer à cette grille des comportements dont le psychanalyste serait le lecteur spécialisé ? Devons-nous nous satisfaire de ces sollicitations ou bien serait-il nécessaire d’appréhender ce phénomène à la lumière d’une certaine  éthique psychanalytique ? Récemment les détracteurs de Freud ont montré combien une interprétation pouvait faire fi de toute  réalité historique au mépris de toute logique philosophique ou scientifique.

On interprète donc aujourd’hui littéralement et dans tous les sens, sans tenir compte de ce qui fait le nerf de toute interprétation, à savoir : sa prise dans un transfert. Freud a qualifié d’essentiel l’interprétation comme outil par excellence du traitement psychanalytique  en insistant sur le fait que seule une cure où l’interprétation du transfert est utilisée contre les résistances peut être appelée Psychanalyse[1]. Pourtant, d’un autre coté, il n’exclut pas que la construction du psychanalyste puisse être un pur délire. Ainsi une intervention qui n’aurait son efficace que pour des raisons d’amour de transfert ne vaut-elle peut-être pas mieux qu’une interprétation hors transfert : ce qui interroge donc le statut même de l’interprétation.

Avec Lacan la  clinique du symptôme s’en trouve réorientée ; c’est depuis le désir qu’opère la psychanalyse ; on en verra en 1960 les conséquences avec l’introduction du désir d’analyste.

Mais cela n’exclut pas pour autant les questions qui se posent dans notre modernité concernant la pratique de la psychanalyse ‘hors divan’  qui touche forcément au débat actuel sur les psychothérapies, mais au-delà à toutes les formes de travail avec la psychanalyse dans les hôpitaux, l’éducation, les formations etc….

Intervenants

Claude HALMOS (psychanalyste Paris, dernier ouvrage paru: «Grandir – Les étapes de la construction de l’enfant, le rôle des parents.» Livre de poche)

«Le psychanalyste et les médias – questions d’éthique»

Vannina MICHELI- RECHTMAN (psychanalyste Paris, membre d’Espace Analytique, dernier ouvrage paru : La psychanalyse face à ses détracteurs. Aubier 2007)« Sens, non-sens et signifiant dans l’interprétation freudienne »

Michel FERRAZZI (Psychanalyste Grenoble, membre d’Analyse Freudienne« Et si faire se peut …. »

Discutants

Jean-Jacques LECONTE (psychanalyste Paris, membre d’Analyse Freudienne)

Robert LEVY (psychanalyste Paris, membre d’Analyse Freudienne Jean Jaques VALENTIN (psychanalyste Paris, membre d’Analyse Freudienne)

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