Scolaires de tous les pays revoit nécessairement à prolétaires de tous les pays.
Le scolaire connote, rime avec le prolétaire. C’est par la rime que je parle. Cette phrase marxiste était la conclusion du manifeste du parti communiste de 1848. Et c’était dans l’acte de l’union, de la « s’union » c’est à dire de l’union réflexive que pourrait s’opérer la révolution. Verbe pronominal qui se réfère au sujet du verbe. Qui s’unit ? Nous. Nous s’unissons.

Ici moi je réserve le sort du verbe pour après. Je me contente de le faire disparaître derrière les trois petits points. Plutôt les trois petits points faisant apparaître une autre logique, chère à Lacan, celle du pas-tout. … ou pire. Que l’on y soit tous en même temps n’est pas un objectif. Ce tout est plutôt a craindre.
Dans la définition classique, le prolétaire est l’homme sans sujet. « un prolétaire est privé du noyau de son être, de sa production, de la plus-value qui en résulte. En échange il obtient d’être lui même réduit à la force de travail, à un objet marchandise échangeable que l’on peut mettre sur le marché. » (Slavoj ZIZEK, p 117, Hegel Aujourd’hui, ouvrage collectif, Paris, Vrin, 1995.)
Cette position d’objet de l’échange rappelle les objets de l’échange : les mots, les femmes, et les objets matériels.
Du coté scolaire, il ne faut pas s’étonner que les filles réussissent mieux à l’école que les garçons. L’échange ne les dérange que peu. Celui ci reprend trait pour trait la prolétarisation énoncé plus haut. Même sous la forme d’objet. Certaines ne veulent pas faire fonction d’objet. La montée des revendications religieuses est comme un refus de cette position d’objet. La société contemporaine poussant à l’envi ce trait.
Pour sortir de l’aliénation prolétaire il faut passer par un acte révolutionnaire. C’est l’acte qui produit le sujet enfin désaliéné. L’acte vient établir une nouvelle éthique qui contredit l’ancien monde. Ainsi un nouveau monde est produit. Dans la pensée marxiste, ce nouveau monde sera forcément sans classe car l’acte révolutionnaire de prise du pouvoir produit et est produit par des individus qui deviennent nouveau, et qui rejettent l’ancien monde. Ainsi ils sortent de la dialectique du maître et de l’esclave. L’esclave ne peut plus se contenter de tuer le maître et l’asservir pour se libérer. Mais il doit fonder une nouvelle société.
Ainsi l’éthique est mise en premier. L’éthique personnelle choisie qui ne dépend pas de l’autre ancien ou surplombant, mais de la sienne. De son propre désir. Il faut se désaliéner du désir de l’Autre pour prendre en compte son propre désir. Ce désir qui est si anarchique, en cela qui ne reconnaît ni dieu ni maître. Dans la démarche communiste la révolution est collective. La libération n’intervient qu’avec des autres.
L’homme ne peut que se révolter contre la société qui a apporter la mort de dieu, et qui le laisse face à la tragédie de la vie, seul et sans secours. Cette révolte produit un « je me révolte, donc nous sommes », « nous sommes seuls ». Camus dans « l’homme révolté »ne manque pas de noter que les révoltes dans l’histoire ne produise pas nécessairement un nouveau monde. La révolte ne débouche pas nécessairement sur un monde nouveau. Il semble même que cela soit l’inverse : un renforcement de l’ancien monde. D’ailleurs la plupart des révoltés face à l’échec de leur projet se taisent. Ils perdent la parole.
Cette perte de parole est la condition de l’infans. Il s’agit d’obtenir le consentement de l’homme à l’anéantissement, cette fois réduit à l’état de chose.
Chez Camus dans « le premier homme », il décrit la relation très particulière qu’entretient son maître d’école avec lui. Monsieur Germain l’appelle son « chouchou ». (A Camus, « Le premier homme »). Albert Camus ne manque pas de montrer que cet homme n’est pas comme celui de la classe voisine.
Cet acte implique pour l’enfant une démarcation par rapport au groupe de ses camarades.
Le désir de l’autre le fera écrivain. Le liera au lire. Les croix de bois de Dorgelès étant le livre qui le fonde sur un désir inconnu de cet homme qui faisait fonction de père. En tout cas d’adulte éprouvé par l’épreuve de la guerre, jamais plus le même. Le s’ujet ujet du rejet de l’union peut naître de la désalienation. Si le sujet est soumis à quelque chose ou à quelqu’un, il doit s’y libérer de la sujétion.
La question de Monsieur Germain est celle d’être suffisamment sujet pour permettre à l’enfant de le devenir. Il ne produit pas des êtres que ne sont pas, il fait vivre pour créer ce qu’aura advenu un sujet. (futur antérieur). Le sujet est anteposé à lui-même, ignorant de ce qu’il est, ne devenant que la somme de ces erreurs et de errements.
M. Germain ne suit pas le programme, Camus le montre décalé par rapport à la classe d’à coté.
Il y a en éducation quelques canailles : de ceux qui connaissent le désir de l’autre tout en ignorant par définition leur propre désir. Ils sont pour la plupart comme les bourreaux forts en théorie en morale et en exercice. Forts en techniques privées et publiques. Ils font paraître les révoltés furieux et meurtriers comme rafraîchissant auprès des très intelligents bourreaux. Souvent la canaille s’agrège. Cette agrégation de canaille fait leur force. Ils sont la clique des gens qui savent. La sunion se fait.
Et puis il y a l’obsessionnel qui nie le désir comme cause de l’appétence d’apprendre qui s’efforce de rendre tout plat. Épris de chiffrage, du chiffre aux lettres. De la chiffe à l’être. Il faudrait plutôt « l’obsession à la moisson et l’indifférence à l’histoire » pour faire les deux extrémités de son arc. (R Char) L’histoire enseignée se pense cohérente, pense que le réel se dit. Elle produit du sens. Ceci protège du trou. Le désir troue. Laisse le trumain seul face à l’impossible. Le comblement égalitaire rassure. La sunion s’oublie et s’oupire. Chez l’obsessionnel il faut faire collection. Collection de dits. Longue suite de bla-bla. Où ne perce aucun dire. Sa parole tombant devant lui, jamais ne traversant. Vomitoire de l’avale. Dégorgeoir de l’évaluation.
Primum non nocere; est surement ce que vise M. Germain. Ne rien faire plutôt que de mal faire.
Seul le travail analytique, la mystique ou l’art permet cette désaffiliation. Aucun des trois n’est métier impossible. Mais comme en art il ne faut pas craindre d’être exagéré. Cette exagération se retrouve dans les créations humaines : l’amour, la poésie.
Une éducation qui en vaudrait la peine est celle qui rendrait au travailleur prolétarisé sa dignité de créateur. En cela pas d’initiation parce que d’emblée chacun est confronté au mur du langage. « ne plus constituer des groupes d’âge dans les écoles » (Françoise Dolto ) est une voie de sortie d’espace qui concentre pour mieux surveiller, punir et apprendre à obéir. L’individu contre la singularité.

Les verbes font la copule. Ils permettent de lier les mots entre eux. Surtout ils donnent à un sujet un objet. Ils donnent l’action. Le sunion produit bien cet un que cherche les trumains. Trumain ce qui va avec la main. Ce qu’elle touche, ce qu’elle permet. Seul ce qui reste dans le verbe c’est la sue, la sué. Ce qu’il faut de travail pour obtenir de satisfaction. (M. Germain passera tout l’été à aider quatre de ses élèves à passer le concours d’entrée au lycée.) Elle ne vient que par raccroc par surcroît. Elle ne vient qu’en plus. En supplément. Les homme et les femmes s’unissent se prennent ne se veulent pas obligés l’un envers l’autre. Ils ne souhaitent que garder leurs libres mouvements. En cela ils persévèrent. Ils ne cessent d’y revenir. Seul l’analyste permet que cela choit. Cela choit du coté du déchet.

Le verbe ne peut pas être écrit. Il se dira dans le moment qui correspondra. Pour l’instant il est t
u. Bien évidemment intransigeant sur les moyens, et surtout approximatif sur la fin.

Celle-ci peut se déduire de l’exposé.

Bruno MALEK
 

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