Augmenter nos capacités pour vivre heureux pour toujours, C’est la Devise du transhumanisme, ultime vœu de guérir les symptômes pour que l’humain puisse enfin ne plus mourir.

Ne pas vieillir donc pour ne pas mourir. Mais l’envie de respecter les lois naturelles n’a d’égal que le désir de pouvoir vivre encore une centaine d’années en bonne santé.

Fantasme d’immortalité associé à l’idée que la biologie pourrait contribuer à la routinisation de nos métabolismes …

D’où vient donc l’idée que l’on pourrait  accepter d’être animalisé ou encore robotisé  puisque dans le transhumanisme il est bien question de reprogrammer génétiquement chacun , voire penser certaines hybridations entre machines et humains .

Actuellement  Un ciseau moléculaire peut découper le génome et le reprogrammer comme un copié collé, c’est le ‘crisper cas 9’ ; Il s’agit bien alors de  Transformer  le génome humain à fin de pouvoir enfin choisir les caractéristiques que l’on garde et celles que l’on rejette…

 Ainsi ‘Tout ce  qui est techniquement réalisable, mérite d’être réalisé’ comme le prétend  Dennis gabor, prix Nobel de physique en 1971 pour l’invention de l’holographie.

  Le projet consiste alors à Supprimer  tout ce qui est de l’ordre de la limitation.  .. Digne héritage du discours capitaliste au service de l’’homme augmenté ‘.

 Aussi il faut Modifier le corps jusqu’à la perfection, quête d’une fontaine de jouvence ;  L’essentiel du marcher est de multiplier les objets sans jamais  se préoccuper de la dimension éthique.

« Le vivant  devient  un grand légo, quand on aura trouvé les briques de base on pourra reprogrammer l’humain ». F JACOB

La question du sous homme est donc de retour et la lutte entre deux humanités, l’une augmentée qui devient pure devra s’opposer forcément au reste, l’humanité, imparfaite, impure. C’est évidemment quelque chose de déjà vu, déjà entendu il n’y a pas si longtemps. Un homme ‘nouveau’ pourra alors  évoluer dans un monde parfait. Homme nouveau qui, comme d’habitude aura les moyens financiers de sa nouveauté et s’opposera donc dans une nouvelle forme de lutte des classes à ceux, les anciens qui n’auront pas eu les moyens de modifier leur génome …

Ne nous y trompons pas, le transhumanisme est l’héritier direct des revendications du bonheur et par conséquent des adeptes de la guérison du symptôme et forcément des nouvelles demandes de guérison.

Mais ceci n’a pourtant rien de très nouveau ; déjà Aldous Huxley publia  ‘ le meilleur des mondes ‘en 1932 à l’apogée de la grande dépression un ouvrage dans lequel le bonheur est la valeur suprême.

 Dans son ouvrage Ce sont les médicaments psychiatriques  qui remplacent la police et chacun prend chaque jour sa dose de’ Soma’, produit de synthèse qui rend les gens heureux  sans nuire à leur productivité ni à leur efficacité. La conséquence en est qu’il n’y a plus de guerre , plus de révolution, plus de grève pour menacer l’état mondial qui gouverne la terre entière puisque tout le monde est pleinement satisfait des conditions présentes de vie ..

Ce que nous fait remarquer Yuval Noah Harari [1] c’est que ce monde d’Huxley repose sur l’hypothèse biologique que le bonheur est égal au plaisir puisque notre biochimie tend à limiter cette équation par conséquent il nous faut donc manipuler le système biochimique de l’humain.

Plus de symptôme car il recouvre la spécificité de représenter un carrefour.

 Et, en effet, On ne croyait pas si bien dire en le  soutenant, que le symptôme est lui-même  le carrefour du support du sujet. Dès lors supprimer le symptôme c’est t contribuer à supprimer le sujet.

Alors de quel symptôme s’agit-il ? ; C’est celui qu’évoque Lacan dans son intervention à Genève :

« Si ce dont nous parlons est vrai, si c’est bien à une étape précoce que se cristallise pour l’enfant ce qu’il faut bien appeler par son nom, à savoir les symptômes, si l’époque de l’enfance est bien pour cela décisive, comment ne pas lier ce fait à la façon dont nous analysons les rêves et les actes manqués ? – Je ne parle pas des mots d’esprit, complètement hors de la portée des analystes, qui n’ont naturellement pas le moindre esprit. C’est du Freud, mais ça prouve quand même que là Freud, tout de même, a dû s’apercevoir que l’énoncé d’un acte manqué ne prend sa valeur que des expliques d’un sujet. Comment interpréter un acte manqué ? On serait dans le noir total, si le sujet ne disait pas à ce propos un ou deux petits trucs, qui permettent de lui dire – mais enfin, quand vous avez sorti votre clef de votre poche pour entrer chez moi, analyste, ça a quand même un sens – et selon son état d’avancement, on lui expliquera le sens à divers titre – soit par le fait qu’il croit être chez lui, ou qu’il désire être chez lui, ou même plus loin que le fait d’entrer la clé dans la serrure prouve quelque chose qui tient au symbolisme de la serrure et de la clé. Le symbolisme de la Traumdeutung est exactement le même tabac. Qu’est-ce que c’est que ces rêves, si ce n’est des rêves racontés ? C’est dans le procès de leur récit que se lit ce que Freud appelle leur sens. Comment même soutenir une hypothèse telle que celle de l’inconscient ? – si l’on ne voit pas que c’est la façon qu’a eue le sujet, si tant est qu’il y a un sujet autre que divisé, d’être imprégné, si l’on peut dire, par le langage.

Nous savons bien dans l’analyse l’importance qu’a eue pour un sujet, je veux dire ce qui n’était à ce moment-là encore que rien du tout, la façon dont il a été désiré. Il y a des gens qui vivent sous le coup, et cela leur durera longtemps dans leur vie, sous le coup du fait que l’un des deux parents – je ne précise pas lequel – ne les pas désirés. C’est bien ça, le texte de notre expérience de tous les jours. 

Les parents modèlent le sujet dans cette fonction que j’intitule du symbolisme. Ce qui veut dire strictement, non pas que l’enfant soit de quelque façon le principe d’un symbole, mais que la façon dont lui a été instillé un mode de parler ne peut que porter la marque du mode sous lequel les parents l’on accepté. Je sais bien qu’il y a à cela toutes sortes de variations, et d’aventures. Même un enfant non désiré peut, au nom de je ne sais quoi qui vient de ses premiers frétillements, être mieux accueilli plus tard. N’empêche que quelque chose gardera la marque de ce que le désir n’existait pas avant une certaine date.

Comment a-t-on pu à ce point méconnaître jusqu’à Freud, que ces gens que l’on appelle des hommes, des femmes éventuellement, vivent dans la parlote ? Il est très curieux pour des gens qui croient qu’ils pensent, qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils pensent avec des mots. Il y des trucs là-dessus avec lesquels il faut en finir, n’est-ce pas ? »[2]

C’est bien au cœur de ce qui va pour un sujet constituer la subjectivité que Lacan se situe.

  C’est aussi à cela que s’attellent  la plus part des thérapies comportementales prétendent  associer un travail sur les émotions et un travail sur la pensée par une reprogrammation positive.   c’est précisément ce que les nouvelles thérapies de soin des syndromes post traumatiques proposent de façon explicite  AVEC  d’un côté L’EMDR puisque  Les patients qui ont souffert des années d’anxiété ou de douloureux souvenirs
, cauchemars, insomnie, abus ou autres événements traumatisants peuvent maintenant être secourus par une révolutionnaire nouvelle thérapie appelée EMDR (Eye mouvement désensibilisation retraitement).

 Elle se propose comme une collaboration simple et non invasive de la relation  patient-thérapeute dans laquelle la guérison peut se produire efficacement.

Cette  thérapie à court terme serait très efficace pour un large éventail de troubles, y compris la douleur chronique, phobies, dépression, crises de panique, troubles de l’alimentation et mauvaise image de soi, stress, inquiétude, Trac, anxiété de performance, récupération de sévices sexuels et des incidents traumatisants. PTSD – syndrome de stress post-traumatique. Tout ceci grâce à la Désensibilisation des mouvements oculaires et la reprogrammation  du souvenir.

 Mais Encore plus récemment une thérapie associant la reprogrammation du souvenir  à un médicament, le Propanolol nous est arrivée du Canada.  

Cette dernière se fonde cette fois sur l’idée d’une reconsolidation : ‘à chaque fois que l’on se remémore un souvenir il redevient instable et doit se reconsolider pour passer dans la mémoire à long terme’.

Il faut donc bloquer le processus par un antihypertenseur, le Propanolol, qui a la propriété de diminuer l’intensité émotionnelle des souvenirs.

 Dès lors il faut administrer un comprimé une heure avant la séance  de psychothérapie qui consistera à réexposer le patient à la situation de stress en l’écrivant la première fois puis en le relisant au psychothérapeute les fois suivantes. Au bout de six semaines le patient est sensé avoir dissocié le texte de son ressenti …

Le souvenir traumatique doit donc être éradiqué ou encore déprogrammé de son contenu d’affecte.

Nous sommes loin de la découverte Freudienne selon laquelle il peut y avoir dissociation entre le souvenir traumatique et l’affect puisqu’ici la question du refoulement ne se pose plus ou encore elle ne se pose que pour autant que l’on puisse rester dans un ici et maintenant qui permette, grâce à une annulation de reprogrammer le souvenir pour éteindre l’affecte qui lui est lié.

 La psychanalyse a été  à l’origine même de la découverte  de la névrose traumatique et auparavant avec la découverte également du traumatisme infantile de la séduction chez les hystériques. C’est pourtant une démarche très Freudienne que celle de vouloir séparer la question de la perception de celle de la conscience que l’on trouve dès 1896 dans la lettre 52 à Fliess dans laquelle il montre les étapes nécessaires pour cela en passant de la perception (wahrnehmung ) , au signe de perception (wahrnehmungszeichen), à l’inconscient (Unbewusste) au préconscient ( vorbewusste) puis enfin au conscient ( bewusste) .Par conséquent c’est le parcours nécessaire entre ces différentes étapes entre la perception et la conscience  pour qu’une représentation puisse s’inscrire et devenir consciente .

Il est à remarquer que les deux premiers temps sont tout d’abord «  w sont les neurones dans lesquels naissent les perceptions avec lesquels se noue la conscience, mais qui ne gardent aucune trace de  ce qui s’est passé. Evenement et conscience s’excluent réciproquement . Wz est la première inscription des perceptions, inaccessible à la conscience, organisée  selon la simultanéité »[3]

Actuellement Tout repose  sur de soi -disantes découvertes des neuro sciences qui traduisent toute la question du souvenir et des affectes en termes de saturation de l’amygdale censé présider au traitement des images et à leur stockage en mémoire à court ,moyen et long terme dans lequel le sujet n’a plus aucune raison d’être.

 En bref, le sujet a disparu au profit de l’idée  d’un souvenir  reprogrammable.

Mais toute cette orientation est déjà le résultat de la mise en œuvre scientifique de la nécessité d’une quiétude absolue de l’âme obtenue par la suppression de nos craintes imaginaires et par conséquent de nos angoisses.

C’est donc d’une façon aberrante la réalisation à la lettre de la remarque de Freud « c’est le programme du principe de plaisir qui fixe la finalité de la vie »[4] ; d’où il faut effectivement réaménager notre système biochimique pour être plus heureux ; l’ennemi étant essentiellement le souvenir.

En effet le carpe diem contemporain est la pure affirmation du moi, un moi sans but à remplir sans passé auquel être fidèle : Just do It !

Ainsi plus de souvenirs dérangeants, plus de refoulement donc puisqu’il n’y a pas de souvenir sans le refoulement ; et surtout plus d’inconscient puisque le refoulement c’est l’inconscient. D’où la floraison de toutes ces thérapies dites de ‘pleine conscience’.

Comme si nous pouvions apprendre à choisir, à orienter notre vie en toute objectivité, c’est-à-dire en effet sans que l’inconscient témoigne de notre désir.

Il faut y voir également le succès sans précédent de la place que la philosophie a prise dans notre société en ajoutant bien sur la sociologie.

Pourtant Freud réduit très explicitement le concept de bonheur à une satisfaction de besoins

« Ce qu’on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d’une satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une haute tension et n’est possible, de par sa nature, que sous forme de phénomènes épisodiques »[5]. Comment donc le rendre constant ?

Alors qu’est ce qu’on peut reprocher à ces conceptions du bonheur qui sont également des conceptions de la guérison  si ce n’est de s’appuyer sur l’idée que ce qui fait obstruction au bonheur ce sont les mauvais souvenirs ? D’où la nécessité de les annuler ou encore de les reprogrammer …

En effet cette nouvelle conception du syndrome post traumatique a évacué dans un premier temps la référence à un premier souvenir avant celui considéré comme traumatique dans le DSM 3 puis maintenant ce SPT (Syndrome Post Traumatique) est réduit à un excès d’Adrénaline fixé à un souvenir dit ‘traumatique’ qu’il s’agit de réduire ou de reprogrammer ..

  Pourtant À la racine de notre condition  de parlêtre, le refoulement originaire est ce autour de quoi s’organise l’inconscient, et se fonde le sujet.  En ce sens j’anticipe un peu sur ce que Jacquemine va nous raconter la prochaine fois et sur ce que Philippe Woloszko a introduit concernant l’idée de soigner le sujet.

 Mais je voudrais surtout insister sur ce que Lacan évoquait à propos de la notion d’avoir été désiré comme ce qui se cristallise pour l’enfant comme symptômes car il me semble que ce désir a pour conséquence ou pas  la nomination de l’enfant, son accueil en tant qu’être humain qui, comme nous le fait remarquer très justement Eva Marie Golder[6], permet que son corps soit séparé du signifiant qui le désigne.  Ainsi écrit elle « L’enfant n’est plus simplement corps, mais il est nommé par l’Autre » Evidemment ceci n’est rendu possible que pour autant que l’enfant pour une mère  puisse être perçu comme autre, à savoir qu’il soit différent du BB Imaginé, en gros il faut qu’il soit au moins un peu  décevant …

Il faut bien ajouter à cette thèse à laquelle j’adhère pleinement qu’au départ il n’y a pas de sujet et Lacan se démarque en effet de nombre de ses contemporains. Pas de sujet in utero et ce même si on ne peut pas nier que l’enfant réag
isse in utero ; mais le sujet en tant que tel est essentiellement l’effet produit par la réponse au manque dans l’Autre, effet de langage, d’une nomination, d’une forclusion originaire [7]

Par conséquent pas de pré sujet car c’est la parole qui lui est adressée après la naissance qui lui signifie la place qu’il occupe pour l’Autre .Par conséquent soutenir comme le fait Lacan  que ce n’est pas pareil d’avoir été désiré ou non c’est assumer pleinement le constat que ce qui fait effet sujet , c’est bien de tenir une place dans le désir de l’Autre ..

Et c’est en ce sens que le refoulement originaire nous intéresse plus particulièrement puisqu’il est, comme nous le dit Lacan, une assignation à une place.

Quand on pense au refoulement originaire, on se réfère le  plus souvent à sa dimension spéculative, voire mythique, du côté de l’émergence du sujet et de la constitution de l’inconscient, donc de questions de structure. Freud pose l’hypothèse d’un refoulement originaire en 1915 :

 […] Nous sommes donc fondés à admettre un refoulement originaire, une première phase du refoulement, qui consiste en ceci que la prise en charge dans le conscient est refusée à la représentance psychique (représentance de représentation, Worstelung reprasentanz) de la pulsion. Celle-ci s’accompagne d’une fixation ; la représentance  concernée subsiste, à partir de là, sans modification possible et la pulsion demeure liée à elle. […][8]

 À partir de là le refoulement  originaire attire à  lui les refoulements secondaires (ou post refoulements), mais lui-même doit être maintenu en permanence par le

 « Contre-investissement qui a lieu dans le système préconscient » : c’est lui [le contre-investissement] qui représente la dépense durable d’un refoulement Originaire mais en garantit aussi la durabilité.

Le refoulement originaire est maintenu par le seul mécanisme de contre-investissement qui le fait sans cesse consister. Que peut-on dire du mécanisme de contre-investissement, seul Mécanisme intéressé au maintien du refoulement originaire ?

D’où la conclusion que  le refoulement originaire est là, et reste actif tout le temps. C’est quelque chose qui est toujours présent.

De quelle manière cela subsiste-t-il dans l’actuel ?

Du côté de Lacan 

Lacan donne un ancrage logique au refoulement originaire atemporel ; il l’aborde à maintes Reprises, tout au long de son œuvre, et différemment selon les périodes. 

Quelques indications : dans L’Angoisse, Lacan parle du « lieu de l’inhibition comme le lieu où, à proprement parler, le désir s’exerce, et où nous saisissons l’une des racines de ce que l’analyse désigne comme Urverdrängung ».

Dans le séminaire  Les quatre concepts…, c’est le signifiant binaire S2 qui est refoulé originairement. C’est la reprise du schéma Freudien mais en soulignant que perception et signe de perception donnent lieu à deux écritures qui ont déjà valeur signifiante par leur articulation S2/S1, ou

sP/P signe de Perception/Perception selon l’écriture Freudienne.

Dans le séminaire Encore, le refoulé originaire concerne la jouissance maternelle et donc certainement ce qu’il en est de l’assignation à une place dans le désir.

Le refoulement originaire est ensuite référé  au trou du symbolique et aussi au symbolique comme trou. C’est certainement ce que l’on peut comprendre dans l’idée que le refoulement originaire est sans représentation un temps d’avant la représentation donc  qui a comme effet une forclusion originaire où S1 marque seulement un lieu d’enracinement dans l’Autre. C’est sans doute ce S1 la réponse apportée à ce que Freud appelle ce ‘pare excitation’ nécessaire aux bombardements de stimuli de la naissance et que je préfère appeler bombardements du réel.

À partir du séminaire RSI, Lacan travaille la question du refoulement primordial avec le nœud borroméen. Lorsqu’il l’aborde il reprend la question du constat que dès qu’il y a articulation de deux signifiants il y a possibilité d’écriture et par conséquent on est alors  déjà du côté du refoulement primaire. Ce qui fait donc refoulement originaire et refoulement primaire c’est le nouage des trois registres RSI où l’un ne va pas sans l’’autre [9]

Dans la séance du 8 avril 1975, Lacan lie dans l’aversion du sujet pour la topologie Ou la mathesis, la trace du refoulement originaire, et il ajoute : « refoulement premier irréductible qu’il s’agit de suivre à la trace justement. » Une trace sans représentation, Findung comme le dit Freud, acte de trouver avant le wiederfindung, les retrouvailles, le temps avant reste donc insaisissable …

A partir de là tout une série de questions se posent :

Les traces primitives renvoient-elles seulement à un mode primordial d’inscription signifiante ?

Y va-t-il un autre mode primitif d’inscription du perçu ? Est-ce lui qui fait retour sous forme de perçu halluciné ou de certains  affects ?

Comment penser cet autre mode en Rapport avec l’Urverdrängung, la  Verwerfung, la  Verleugnung ? Avec la jouissance non symbolisable ? Avec la lettre ? Avec le réel de l’inconscient ? 

Le réel de l’inconscient est-il cette part de l’inconscient qui n’est pas savoir mais réel, le non symbolique de l’inconscient ?

 Par conséquent, Parce que le refoulement originaire doit toujours être maintenu, il y a toujours imminence d’une résurgence possible, d’un retour de  jouissance possible qui  peut générer effroi, angoisse, phobie, cauchemar…

Ainsi le déclenchement de la phobie de Hans pourrait être connecté au refoulement originaire.

Il semble donc illusoire de vouloir éradiquer le mauvais souvenir ou encore le souvenir  puisqu’il est constitutif comme on vient de le voir  constitutif du sujet lui-même et de son entrée dans le langage que l’on pourrait également repérer tout autant du côté du manque de refoulement.  C’est en ce sens que l’on peut d’ailleurs soutenir l’idée que le refoulement c’est l’inconscient, ou encore ce qui signifie la même chose : une bévue.

 Pourtant Le recours de Lacan à une autre forme de construction là où le signifiant du nom du père ne peut pas être en fonction introduit un outil sans précédent depuis Freud pour aborder la question des Psychoses.

On peut dire que même bien au-delà cette hypothèse qu’il existe une construction possible en relai du symbolique nous amène à sortir du faux débat tant abordé sur l’hypothèse d’une forclusion partielle ou totale.

En effet il fut de bonne tradition Lacanienne de considérer que la forclusion ne pouvait qu’être ou ne pas être  et par conséquent qu’il n’y avait pas de sortie possible de la psychose. L’apport de la question du refoulement originaire reste problématique aussi chez l’enfant autiste puisque celui-ci réitère sans efficience un appel resté ans réponse dans ce cas laa forclusion originaire reste problèmatique S1 ne fait pas signifiant maitre pour cet enfant et sans refoulemen originaire pas non plus de refoulement secondaire ..

Or l’idée d’une construction qui pourrait faire relai même dans les cas de forclusion que l’on peut entendre dès lors comme l’endroit où une mère n’a pas pu anticiper la subjectivité pour son BB, moment de sidération où l’enfant se perd et abandonne la partie .

Le trou du symbolique pourtant nécessaire ne se produit pas ou tout au plus il est trou de symbolique , ce qui est tout à fait différent . Ces di
fférents éléments  nous apportent une nouvelle approche de la clinique des psychoses ; mais pas seulement  puisque l’on peut également comprendre si on sépare refoulement originaire du refoulement primaire  la différence radicale entre les psychoses du type autistiques et les psychoses liées à la difficulté de la séparation d’avec l’Autre maternel, en tout cas c’est la thèse d’eve marie Golder à laquelle je vous renvoie   . Quoi qu’il en soit ,et d’un autre coté  poser l’hypothèse du Sinthome c’est  envisager des formes de constructions qui permettent non seulement d’assurer des suppléances dans la Psychose mais aussi de mettre en perspective l’idée du manque de refoulement en deçà et au-delà du fait psychotique .

En effet l’idée qu’il n’y a pas de refoulement possible dans certaines structures ne se réduit pas aux psychoses puisqu’il existe un moment privilégié de l’infantile qui suppose ce manque de refoulement comme faisant partie de l’évolution normale du sujet et qui engendre une construction du symptôme en rapport avec cet état.

De ce fait il existe également, en suivant  cette hypothèse un manque de refoulement dont l’origine n’est pas la psychose mais justement une persistance de ce manque de refoulement au-delà de la période  infantile ; ce que l’on retrouve également dans le moment du syndrome post traumatique, moment au cours duquel le refoulement ne fonctionne plus.

C’est donc l’hypothèse inverse que déplient nos collègues de l’EMDR et autres   .

C’est dans ce dernier champ clinique que l’on peut également rencontrer la mise en place de certaines formes de constructions suppléantes, de relai donc ou encore d’un Sinthome  qui permettent au sujet de maintenir de la métaphore là où le manque de refoulement a empêché  son développement sans que pour autant il s’agisse de Psychose.

Dès lors on peut considérer le Sinthome comme ce qui advient là où le refoulement vient à manquer ; c’est ce  qui fait que l’on puisse passer du symptôme au Sinthome. D’où  ce qu’il est possible d’attendre d’une pratique de la cure qui ferait sienne l’idée d’une persistance du manque de refoulement tant dans le cas des psychoses que dans d’autres hypothèses comme celle du syndrome post traumatique. .

En conclusion, toute la question du bonheur et de la guérison  se résume dans la question suivante : comment traiter le souvenir et en particulier le souvenir traumatique ?

C’est pourquoi là où les dites nouvelles thérapies ignorent le refoulement elles prétendent régler la question en voulant maitriser l’intensité de celui-ci.

La psychanalyse travaille quant à elle avec la dimension du refoulement ou encore du manque de refoulement comme constitutif du sujet lui-même, c’est pourquoi la guérison ne peut consister dans l’éradication du symptôme (le souvenir) mais dans la capacité à dénouer au sens le plus littéral du terme les signifiants constitutifs du symptôme ou de ce qui se présente comme tel . Il y aura donc autant de nouage signifiant qu’il y a de sujet pour le même symptôme  …C’est ce qui fait la spécificité de l’approche psychanalytique qui n’a rien à envier à l’approche médicale qui elle a pour objet d’envisager le symptôme non pas comme nœud de signifiant mais comme signes , eux même constituant une sémiologie prévue d’avance conduisant à un certain nombre de diagnostics .

Ainsi il est inutile de continuer à nous référer à la médecine pour ce qui concerne la guérison et ainsi assumer pleinement  par conséquent que la psychanalyse guérit par le signifiant ce qui réaffirme si besoin était que le bonheur ne peut être qu’un bien être subjectif .Ce qui me semble présenter la question du manque à être d’une façon beaucoup plus recevable ; même si cette dimension qu’il n’y a de bonheur que subjectif ouvre la porte à la question du masochisme que nous essayerons de traiter la prochaine fois

 


[1]   Sapiens une brève histoire de l’humanité Albin Michel2012 P.458

[2] La conférence annoncée sous le titre « Le symptôme » fut prononcée au Centre R. de Saussure à Genève, le 4 Octobre 75, dans le cadre d’un week-end de travail organisé par la Société suisse de psychanalyse. Elle fut introduite par M. Olivier Flournoy. Elle parut dans Le Bloc-notes de la psychanalyse, 1985, n° 5, pp. 5-23.

[3] Freud lettre 52

[4] S FREUD Le malaise dans la civilisation ED Seuil point  essais 2010 P.63                                                         

[5] Freud opus cité

[6] Au seuil de la clinique infantile ERES 2013  P.119

[7] Opus cité

[8] S. Freud, « Le refoulement », Métapsychologie (1915), Œuvres complètes, vol. XII I, PUF, pp. 193-194.

[9] LACAN RSI 18/2 75

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