CARTEL DU PROTOCOLE 2012/14

Je continue à penser à propos de ce qui m’a dit quelque collègue d’AF à l’occasion du premier cartel du Protocole auquel j’ai participé en 2005. Je lui disais que notre cartel avait essayé de mettre sur la liste les membres qui nous avaient produit quelque déplacement dans notre position, et ce ou cette collègue m’avais dit qu’il fallait tenir aussi compte du social et non pas seulement de l’inconscient. Après avoir soutenu pendant 9 ans ma première affirmation contre celle de mon collègue, je viens de changer d’avis… pas complètement et cela a été à partir du moment où on a établi la liste et la discussion qui a eût lieu autour d’elle.

Si l’on dit que dans la liste seront mis les collègues dont la pratique clinique et théorique relève de l’éthique tel que l’association la soutien à travers son expérience, qu’est-ce qui ont à voir l’éthique et le social? N’est pas le social plutôt de l’ordre de la moral? Bon, c’est vrai que je ne pourrais pas inscrire dans la liste à un analyste qui entre dans un rapport personnel avec un patient, ou l’analyste qui parle a son analysant d’autres analystes (et pourtant les gens me racontent tous les jours des histoires pareilles qui se font parfois très subtilement), ou quelqu’un à qui l’on voit se dérober à chaque fois qu’une tâche institutionnelle lui tombe dessus. Cela ne veut pas dire que cette personne ne soit pas analyste dans un autre moment et que un autre cartel qui prends un autre biais, ne puise l’y inscrire.

Que l’on soit inscrit ne relève que de la partialité subjective de chaque cartel.

Pourtant, je résiste un peu encore. Ce n’est pas parce que quelqu’un soit une très bonne fille ou un très bon garçon pour l’association et travaille sans repos, qui devrait apparaître dans la liste. L’autre social attends de nous quelque chose qui serait de l’ordre de l’I(A), mais… où est là l’éthique analytique là dedans? Le désir de l’Autre social n’est pas la même chose que le désir du désir de l’Autre. Et l’éthique, d’après Lacan, aurait plus à voir avec la question de céder ou pas sur son désir… qui est désir du désir de l’Autre et non pas désir d’un objet ou désir de se présenter comme objet pour l’Autre.

Si ce que l’on doit faire en tant qu’analyste serait défini par le social, il n’y aurait rien à faire en tant que sujet, puisque les figures du social boucheraient le manque dans l’Autre.
Une jeune analyste membre d’une association très lacanienne m’écris en disant que pendant qu’elle allaite sa fille a interrompu son analyse débuté il y a quatre ans et que, avant dire au revoir à son analyste lui a dit qu’a son retour, elle veut faire la fin d’analyse (je suis sûre que vous captez l’idéalisation de cette fin). L’analyste lui a dit “très bien, alors, pendant ces mois commencez lire à propos de la fin d’analyse et à votre retour on commencera le travailler en analyse”. La jeune met dans le mèl qu’elle m’adresse tout sorte de points d’exclamation, d’interrogation, etc. qui font partie aussi de l’hameçon qu’elle me lance. Je lui ai répondu en lui disant que le meilleur texte sera celui qu’elle pourra faire dans l’après-coup, puisqu’il s’agit d’une question entre l’instituant et l’institué. Voilà les figures du social. Dans ce cas, il s’agit de ce que les analystes lacaniens attendent d’une fin d’analyse. Elle pourra être une bonne fille pour son analyste.

Chez Foucault il y a aussi une éthique préalable de laquelle sort un discours qui est moral, mais l’éthique de l’analyste est une conséquence du discours de l’analyste et non pas l’inverse.

Pourquoi serais-je depuis deux années à me casser la tête s’il ne faudrait qu’élaborer un Protocole (ici le nom serait peut-être juste) d’accord à la morale psychanalytique de quelque maître et c’est tout? Et puisque la morale change selon les époques, changerait aussi l’éthique de l’analyste?

Et s’il ne s’agit pas de cela, devrait-on faire recours aux origines, le plus inconscient de l’inconscient en poursuivant l’intégrité d’Antigone? On serait dans l’Idéal. Voici l’impossible de cette tâche du Protocole et sa tension inévitable.

À propos de la liste, je pensais que cette fois, la deuxième que je participe à un cartel du Protocole, ce serait moins difficile pour moi. Pas vrai. C’est gênant même en étant un pouvoir. Ce que pour moi n’est pas bien est nommer tous les membres de l’Association tel qu’un cartel l’a fait la dernière fois (je ne me souviens pas des personnes du cartel). Pourquoi? D’abord parce que c’est se dérober d’une tâche institutionnelle, mais surtout parce que beaucoup de nommés ne sentent pas que son inscription est légitime puisque l’on a épargné la question du “trancher” du coté de celui de qui on attends un acte.
 

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