Journéedu 14 mars 2014

Comment du lieu de l’Autre, faire advenir d’un sujet parlé, parlant, un parlêtre ? Particulièrement dans une maison d’arrêt où, à l’image des corps, la parole s’emmure, s’exile, implose, vocifère, trébuche. Dans un lieu où la demande n’est pas posée à priori, faire émerger une parole en « arrêt » elle aussi, devient un pari difficile, du fait d’une confrontation aux limites d’un univers carcéral. Le pari est de la faire circuler à nouveau et d’aider un sujet à se repérer dans sa position subjective avec un accès possible à la notion de responsabilité. Certains s’y dérobent car chacun doit retourner dans sa cellule avec les remous d’une problématique en suspens.

Mais lorsque pour d’autres, la parole au cours de la rencontre avec le psychologue prend sens et devient pleine, cela les engage à revenir déposer une souffrance qui n’a trouvé d’autre exutoire que le passage à l’acte délinquant ou criminel les précipitant hors de la scène. Le psychanalyste en institution a de plus en plus à faire à des sujets désorientés, désinsérés du lien social, privés de boussole. C’est le cas en Maison d’Arrêt où il s’agit de voiler, habiller leur être de déchet, « un en trop de l’humanité » (J.A. Miller) ; car c’est cela qu’ils vivent, leur ravalement au rang d’objet déchet. Je vais l’illustrer par un cas clinique.

Cronos est un sujet détenu que je rencontre en maison d’Arrêt depuis deux ans et demi sur proposition du médecin puis à sa demande. Incarcéré depuis janvier 2011en attente de son procès qui se déroulera en décembre 2012, il est accusé au moment où je le reçois, d’attentats à la pudeur sur mineurs de moins de seize ans. Il s’agit de ses deux petites filles de 7 et 9 ans, qui respecteront pendant toute la durée des attouchements, le pacte de silence instauré entre eux. La dénonciation des actes pédophiles sera à l’initiative en 2011 d’une petite fille de cinq ans, qui a aussi subi les assauts de Cronos. Cronos est le nom que je lui ai donné car ce sujet m’évoque une figure d’un père archaïque : dans la mythologie grecque il est un dieu qui dévore ses enfants à peine nés et recevra un châtiment.

Dès les premiers entretiens je me pose la question de la structure : psychose ou perversion ? Les éléments de son discours m’ont orientée vers le diagnostic de psychose sur le versant paranoïaque chez un sujet dont les traits pervers dominants, sont un aménagement de sa structure.

Un ordre inhumain

La dimension structurante de l’interdit fondamental, assure à l’homme son insertion dans la communauté humaine. Cet interdit freudien « barrière de l’inceste » l’aide à se démarquer du règne animal. L’inceste, le cannibalisme et le meurtre sont trois interdits fondamentaux qui correspondent pour Freud à des désirs primitifs infantiles « noyau d’hostilité contre la culture » (dans l’avenir d’une illusion). Culture qui oblige à des remaniements et des renoncements pulsionnels. Cronos développe une théorie de la pulsion singulière, qu’il érige en principe universel « l’homme est une bête qui obéit à son instinct et le restera malgré la progression de son intelligence ». Parfois cette « animalité », qui dans sa terminologie particulière fonde l’humain, saisit entièrement son être, il se sent alors devenir en détention, une bête sauvage et pense que lors de sa libération il sera un lion dans toute sa férocité. Le conflit intérieur qui effleure Cronos par intermittence, faisant apparaître à minima sa division, trouve sa résolution dans l’évidence d’une réponse, « l’homme satisfait un instinct animal, c’est normal c’est son but ». Mais l’homme n’est pas régi comme le pense Cronos par l’instinct qui est hors signifiant donc hors langage et caractérise l’animal. L’homme lui est gouverné par des pulsions, qui passent par le défilé des signifiants, donc par le langage. Peu importe à Cronos le choix d’objet, seul compte le but, satisfaire une pulsion animale, c’est sa position subjective. Il ajoute que faire l’amour avec un homme ou une femme c’est pareil, ses propos devenant plus confus, il me dit qu’ « il a déjà couché avec un homme mais pas dans le même lit ». Je vais rester sur cette formule énigmatique sans faire consister un imaginaire débridé. L’homosexualité sera un thème souvent présent dans son discours. Malgré tout, s’agissant de ses passages à l’acte, il pointe avec justesse que « l’intellect n’a pas fait barrage ». Réflexion qui me parait être le fruit d’un travail thérapeutique, amorce d’un début de prise de conscience. Mais la psychose est un château de sable où tout est à recommencer à chaque séance. Il va donc masquer cette fragile prise de conscience par des défenses rigides, avec l’intime conviction qu’il n’a rien fait de mal à ses petites filles puisqu’elles éprouvaient du plaisir en y participant. Il maintiendra sa position malgré des éclairs de lucidité vite assombris par ses défenses. Seule la petite de cinq ans qu’il nomme l’étrangère, le fera un peu vaciller, il va se demander comment il en est arrivé là ; réveil brutal mais aussitôt recouvert par la certitude que ce n’est pas lui le coupable, mais un médicament prescrit juste avant les faits, contre le surpoids et le diabète. Il accuse ce produit de l’avoir dépersonnalisé, mis dans une « paranoïa redoutable » avec un sentiment « d’être le plus fort du monde ». Il fait état de violentes disputes et bagarres intra et extra familiales, au cours desquelles il a failli commettre un meurtre. Ces faits constituent chez Cronos un premier épisode crépusculaire, première rupture avec le monde, un lien social se défait (probable déclanchement de sa psychose ?).

Par ailleurs Cronos cherche des références culturelles et historiques propres à justifier ce qu’il nomme « l’universalité des relations intimes adultes enfants ». Il cite des rois qui épousaient des fillettes et n’étaient nullement inquiétés par la loi puisque c’était admis. Il avance que dans certains pays ces relations adultes enfants, sont des pratiques courantes initiatrices de la sexualité infantile ; il note combien celle-ci est active dans les campagnes, lui-même avoue volontiers s’être adonné à ces jeux sexuels. Freud relie l’horreur de l’inceste à son caractère antisocial (en 1897 dans le manuscrit N, p. 26). L’interdit de l’inceste est en effet vital, sans cette reconnaissance, l’existence de chacun est vouée à la terreur de l’annexion psychique et de l’intrusion de l’autre.

Ni honte, ni culpabilité

« L’épouvantable sentiment de culpabilité » dont Freud parle dans totem et tabou p. 21, n’a jamais saisi ce patient, sentiment aussi évident qu’inconnu quant à sa provenance, souligne Freud. Il est en effet un frein nécessaire aux sentiments de toute puissance. Cronos évacue la culpabilité, car elle pourrait l’anéantir, affect qu’il met de côté comme s’il pouvait en avoir la maîtrise. Or la culpabilité, contrairement à Cronos, est toujours présente chez le sujet névrosé, qu’il y ait ou non transgression, le conflit d’ambivalence suffisant à le faire naître. C’est en cela que la culpabilité, essence de la conscience morale, a un caractère d’évidence au sens freudien. Evitements, idéalisations, paradoxes forment l’éventail des défenses névrotiques, et constituent le terreau de ce que Freud appelle la pensée animique, propice aux formes diverses de la honte et de la culpabilité. Les défenses de Cronos radicales ne sont en rien teintées d’ambivalence. Le travail thérapeutique est d’introduire un écart dans ces positions figées, en essayant de faire entrer dans un mouvement dialectique ce qui se présente justement dans son discours, hors du jeu des signifiants. Car la
psychose, défaut structural de la métaphore, est étrangère à ce jeu. La dimension temporelle de son récit de vie est morcelée. Cronos a du mal à construire un récit cohérent, l’historicité en est absente. Ainsi il met sur le même plan, la perte de ses parents à l’adolescence, sans effet traumatique, et les attouchements pratiqués sur les fillettes. Comme lui il pense qu’elles assumeront leur avenir sans traumatisme. Le travail dans le transfert est alors d’introduire de la différence dans cette confusion. Son discours témoigne en effet d’empiétements psychiques, d’identifications aliénantes, d’absence de barrière des générations. Sur l’axe imaginaire (a-a’) Cronos est dans l’impossibilité de différencier quoique ce soit. L’autre, ses petites filles en particulier sont des doubles dans lesquels il calque son être, avec des effets de miroir.

Il a relevé dans son expertise psychologique le terme « autorité » qui souligne le caractère gravissime de son acte, en qualité d’ascendant ayant autorité sur mineur de moins de seize ans. Il n’accepte pas ce terme qui, selon lui, s’applique aux parents seuls détenteurs de l’autorité sur leurs enfants, lui n’étant que le grand-père précise-t-il. De même il récuse le terme « absence d’empathie » qui là encore ne s’applique pas à lui car il prétend aimer ses petites filles. La loi du cœur chez lui, fonctionne dans l’insensé et la perversion. Il n’accepte pas plus le mot « pervers narcissique » qui le heurte violemment, lui qui est pétri de complexes depuis l’adolescence. Il voue une rancune quasi meurtrière à cet « expert imbécile » qui a osé écrire comble d’« idiotie » de sa part, qu’il manquait de culture. Il en a été humilié, ce terme équivoque le renvoie à la bêtise. Si Cronos ne manque pas d’une certaine culture, la culture « trésor des représentations » (chez Freud), n’est pas au travail chez lui au sens freudien, Kulturarbeit, effet d’une transformation psychique permettant l’accès aux différenciations : différences entre un animal et un homme, entre soi et ses proches, sans lesquelles ni une fraternité humaine, ni un lien social, qui s’ancre dans la culture, ne sont possibles. Chez Cronos il y a comme un retour au père de la horde primitive avec une loi privée, le poussant à disposer en toute impunité d’enfants instrumentalisés, au service exclusif de sa jouissance. Il est donc dénué de cette notion de culture, vecteur de transmission d’un ordre symbolique.

Rapport à la violence

Durant près de trois ans Cronos se raccroche à ce leitmotiv de la « non violence ». Minimisant son acte, l’acte le plus sordide et le plus condamnable de son point de vue est « le vol de sac d’une petite vieille trainée à terre ». Image d’une mère bafouée ? Toujours dans un esprit de violence, il a eu une première audience avec le juge, pour détention d’armes avec munitions. Il va utiliser cette condamnation comme paravent, pour se protéger de la violence en retour de ses codétenus, à qui il ne révèlera jamais le motif réel de son incarcération.

Sa deuxième rencontre au tribunal avec le juge en février 2011, va le faire vaciller et le déstabiliser gravement. Pendant quelques temps il pensera au suicide. Période où il est habité par l’idée de la mort, la sienne, celle des autres, un sentiment d’être mort à l’intérieur. Ce discours mortifère était surtout l’effet de la requalification de son affaire : de simple attentat à la pudeur relevant du tribunal correctionnel, son affaire est devenue crime relevant des assises. Stupéfait, paraissant sincère dans ses dénégations, être un criminel est inadmissible pour lui, n’ayant pas fait « couler de sang ». La non-violence figure d’ailleurs dans le rapport du juge d’instruction. Il tente de se justifier en avançant qu’il a toujours eu un « dialogue » avec ses « victimes » corrigeant aussitôt ce terme. Sur les conseils de son avocat il évite de parler de victimes, persuadé qu’elles ne l’étaient pas puisqu’elles « menaient le jeu ». « Elles étaient même capables de mettre des frontières quand ça ne convenait pas ». Les limites chez Cronos lui viennent de l’autre, plus grave encore des enfants. « Il existait une complicité entre elles et moi avec une participation active de leur part », autre leitmotiv de son discours. Le dialogue portait sur des actes dont certains étaient acceptés, d’autres pas, alors il n’insistait pas. « On parlait de ça …, de nos délires, de nos pratiques … », je rectifie aussitôt : « vous voulez parler de vos pratiques, les vôtres, il ne s’agit en rien de celles de vos petites filles, à leur âge elles ne pouvaient avoir l’idée de pratiques sexuelles ». Déniant toute possibilité de traumatisme sur les fillettes, il en fait porter la responsabilité à la justice : « les faire parler, témoigner est plus traumatisant que ce que j’ai fait, plus tard je leur poserai la question ». Quand je tente de lui faire entendre qu’un traumatisme peut survenir dans l’après coup de l’acte, il rétorque : « il suffira qu’elles tombent sur un gars bien, il faudra juste surveiller leur évolution, toutes ces questions doivent se discuter en famille, une aide psychologique leur serait inutile ». Il continue dans ce sens : « c’est ce qui aurait dû se faire sans procès, ma femme et mes enfants étaient au courant … ils avaient des soupçons, ma femme nous avait même surpris dans la chambre … ils ont laissé faire ». Son épouse sera d’ailleurs inculpée pour non dénonciation de crime, sans suite judiciaire car il prétend l’avoir « blanchie » tout en condamnant lors du procès, son acharnement à « sauver sa tête ». Il cherchait une alliée en elle, or son silence obstiné déchaine sa persécution « c’est elle qui a fait du mal et a brisé notre famille ».

Cet homme est essentiellement dans la violence, violence sexuelle, violence des propos. Il a l’idée de tuer des gens en sortant : le médecin prescripteur du médicament diabolisé, les responsables du laboratoire qui ont créé le produit et toutes les personnes qui ont sali sa réputation. Mais dans les moments d’apaisement il reviendra sur ces propos, disant que tuer ne servira en rien sa cause. La justice n’ayant pas fait son travail il s’appliquera plutôt à démontrer à travers ses recherches, les vrais coupables.

Acomplia, un coupable trop réel

Ce sujet angoisse, divise sa famille lui faisant porter le poids de l’éclatement des relations. Ses enfants sont selon lui sous l’influence nocive des « pièces rapportées » gendre, belle-fille. Il soupçonne celle-ci de pratiques de sorcellerie envoûtant son fils. Ils font partie de ses persécuteurs : « ils ont eux aussi des choses à se reprocher » dit-il. S’il n’y a pas de psychogénèse nous dit Lacan au sens où il n’y a pas d’éléments biographiques déterminants, néanmoins il existe dans cette famille, tous les éléments propices à l’éclosion d’une pathologie familiale. Cronos a lui-même subi des attouchements de la part d’un prêtre à l’âge de 6 ans, son épouse a été violée à treize ans et un de ses fils aurait été victime d’attouchements de la part d’une tante. Cynique il dit que son fils n’est pas tout blanc. Cronos est dans l’incapacité de reconnaître l’entière responsabilité de ses actes ni de les subjectiver. Le médicament prescrit en 2007 aurait stimulé sa libido déjà débordante auparavant. Or la prescription de six mois a été stoppée en 2007 début de ses passages à l’acte. Les faits se sont déroulés sur quatre ans. Il parle d’un état de démence sous l’emprise du médicament, lui donnant un statut réel d’acteur agissant à sa place.

En amont la première coupable est son épouse. C’est à cause d’elle qu’il a dû prendre ce traitement car elle ne l’a pas aidé à faire le régime, lui faisant des plats trop r
iches à l’origine de sa gourmandise, de son obésité et de son diabète nécessitant un traitement. Surtout elle l’a délaissé, leurs relations intimes étant au point mort après trente ans d’une vie harmonieuse. « Alors le besoin sexuel s’est fait ressentir et l’action a pris le pas sur la réflexion, j’étais en plein désarroi » me dit-il. J.-A. Miller nous rappelle que le sujet paranoïaque situe la jouissance au lieu de l’Autre (femme responsable).

Le transfert

Je fais l’hypothèse qu’il y a du sujet dans le discours de cet homme immergé dans une logique paranoïaque dont l’inconscient est à ciel ouvert et dont l’éthique est de jouir de l’Autre. En marge du lien social l’accroche transférentielle en recrée un, chez ce sujet détenu déserté par les siens et pour cause ! en plein désarroi malgré tout. Il vient me voir car sa solitude lui pèse, il vient chercher une humanité qui l’a aussi déserté et « une aide pour rester debout et en vie ». Il dit « sa joie » qu’il retire de ces entretiens, grand soutien de sa solitude. Néanmoins un épisode de transfert négatif l’a traversé juste avant le procès. Il voulait que je témoigne à la barre en sa faveur, « vous qui me connaissez si bien ». Mon refus maintes fois argumenté, mais pas entendu, a provoqué un moment persécutif. Il m’a accusée de ne pas m’être « impliquée assez auprès des enfants » dans mon ancien travail. Par un retournement pervers la mauvaise réputation dont il se sent victime est projetée sur l’analyste. Je me suis alors interrogée sur le bien fondé de ce travail, en prenant toutefois la décision de le poursuivre, mon éthique reprenant le dessus, afin de ne pas reproduire l’abandon qu’il suscitait à nouveau dans le transfert.

L’après procès

La condamnation de Cronos à 9 ans d’emprisonnement fait flamber sa position persécutive mais ne l’effondre pas. Il réalise qu’il aurait pu avoir une peine plus lourde. A la suite de son procès il va être en proie à une alternance d’épisodes persécutifs, où perce la trame délirante de son discours et des moments de pseudo prises de conscience de la gravité de ses actes. Une petite rectification subjective s’amorce cependant, il peut dire alors que ce qu’il a fait est abject, immonde, qu’il paye pour cela mais un peu trop cher car il n’a pas été entendu dans sa détresse au procès : l’avocat de la partie civile n’a pas accepté d’incriminer le médicament comme responsable des effets désinhibants sur sa libido. Cette justice l’écœure, sa famille l’accuse et l’abandonne, il a pourtant fait son devoir de sacrifice en élevant ses enfants, au service de la reproduction de l’espèce. Ce dernier point lui reste opaque, il ne comprend pas pourquoi on doit se reproduire. En effet, il ne comprend pas que ce qui fonde un père, c’est de se dégager de l’éphémère fonction de géniteur pour inscrire durablement l’enfant dans une lignée symbolique dont il est le maillon. Cependant même s’il reste persuadé de la part de plaisir prise par les petites filles dans cette histoire, à leur majorité il leur dira qu’il est entièrement responsable et qu’il n’a pas fait son devoir, conscient de la relation malsaine entre elles et lui. En attendant il se pose en moralisateur sur tous les faits de société, dénonçant dérives et désordres sociaux. Il trouve abject ce monde qu’il vomit et me dit que « comme à la chasse (qu’il pratiquait) il faudra sur décision politique éliminer la population en trop ».

Cronos est souvent travaillé par la question de la mort pour laquelle il a une véritable fascination. Lors d’un récent moment d’effondrement, il fait le récit d’une découverte d’os et de crânes humains trouvés par lui enfant et ses copains sur un site abandonné. Il raconte cela en ricanant, le ricanement est un affect discordant qui le caractérise souvent. Je parviens à dériver cet attrait morbide vers un intérêt qu’il a pour l’archéologie, qui humanise cette histoire de vieux os. Cronos change aussitôt de mimique et de discours, amène du vivant dans des récits de fouilles archéologiques.

Pour conclure

La religion devient un refuge chez Cronos l’aidant à « se reconstruire » et à se « cultiver ». Sa cellule est transformée en temple de la religion. Il a par ailleurs des entretiens réguliers avec la religieuse de la Maison d’Arrêt. Met-il du sacré comme rempart à l’horreur de ses actes, à celui qu’il a subi enfant de la part d’un représentant de Dieu ? Mais la spiritualité n’opère pas chez lui, il s’intéresse aux dieux de l’histoire des religions et pas à Dieu, qui fait se poser des questions sans réponse. Si une rédemption est possible est-elle à espérer du côté de la culture ? Il me dit « avoir soif de savoir ». Savoir qu’il ne cherche pas du côté de la vérité sur son inconscient, mais qu’il tente d’élaborer avec l’appui du transfert pour s’apaiser.
 

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