Au commencement de la psychanalyse il y a le transfert, à mieux dire, il y a les suppositions dans leurs différentes relations avec l’inconscient : celle de l’existence du sujet, celle de l’existence d’un savoir et celle de l’existence du réel.

Les choses du commencement, du départ portent en elles une problématique relative à la question de l’origine, et interroger la question de l’origine nous place en articulation directe avec les Noms-du-Père. Cette problématique peut se traduire par les questions : À quel niveau est le désir de Freud pour avoir trouvé la porte d’entrée vers le champ de l’expérience de l’inconscient ? Ou : Qu’est le désir de l’analyste pour qu’il opère impliqué avec l’étique de sa praxis, ou qu’est-ce qui l’autorise pour son acte ?

Strictement, il est impossible que n’émerge pas, au cours d’une analyse, la question sur qu’est-se qu’un père et en relation à elle de ne pas apparaître (une) version, (des) versions et (des) aversions. En principe, la question du Père est symbolique: elle introduit la loi, le désir et la jouissance, finalement le Père se situe en tant qu’agent de la logique de la castration. Mais la question que je voudrais élaborer, dans ce travail, aborde comment faire pour que la question symbolique, le traitement du réel par le symbolique, ne revienne pas dans le domaine imaginaire; c’est-à-dire ne revienne à une idéologie quelconque qui maintienne le Père en situation d’antécédent, au lieu de continuer dans le sens du Père comme réel impossible.

Le disant d’une autre façon: comment établir une différence, un pas, entre la ligne de la lecture des identifications et la structure ? Comment situer un pas en plus dans la dimension du sujet supposé sachant qu’il ne correspondrait ni à la lecture des identifications, ni au fantasme comme réalité pulsionnelle du sujet, mais bien à une “dit-mension”, une autre dimension ? Comment, a partir du peu de réel que l’on trouve articulé au fantasme, comment peut-on empêcher l’analyse de tomber dans une idéologie, qu’elle soit scientifique ou religieuse, et laisser place à l’acte analytique ? Quelles sont les conditions nécessaires ?

Pouvons-nous dire que Lacan, le temps de son parcours, aurait-il rencontré ces questions de la même manière que Freud, durant son parcours, a rencontré, après un premier temps de satisfaction, avec les effets thérapeutiques, avec la compulsion à répétition, avec le sentiment inconscient de culpabilité, avec le problème économique du masochisme et le gain secondaire avec l’infirmité ? Pouvons-nous dire que Lacan, dans un deuxième moment, a rencontré une barrière entre l’imaginaire et le symbolique en relation au traitement du réel ? Il est certain que Lacan est parvenu à vérifier que même le temps du traitement par la moitié homme, de l’être parlant, soit donc, par le côté gauche de la table de sexuation, il y a quelques effets du réel, et que, sur plusieurs points la position du sujet aura changé, ne sera plus la même, mais il a aussi vérifié qu’il y avait quand même une domination de l’enveloppe imaginaire déterminée par le symbolique, qui fait le réel revenir toujours au même endroit.

Comment faire pour que le Nom-du-Père, duquel nous pouvons dire qu’en termes de symbolique, est déjà donné comme antécédent, comme préalable, et d’ailleurs, comme nous l’avons dit plus haut, il ne s’agit pas qu’à partir de la logique de l’antériorité il n’y ait pas déjà quelque chose du réel articulé au symbolique, cependant, ce que je veux situer est en relation au Père, en tant qu’impossible, un pas en plus que Lacan va situer en relation au réel, dans le sens que l’inconscient vienne s’articuler au réel de l’inexistence de la relation sexuelle.

Pour que nous puissions voir comment la question de ce croisement est fondamentale il suffit de se rappeler que Lacan articule, dans le Séminaire XVII, à l’égard de la problématique qu’il peut y avoir dans l’identification du Père comme le maître, de comment, dans ce sens, le Père qui jouit de toutes les femmes, peut facilement laisser la psychanalyse en équivoque avec l’idéologie de la religion ou avec l’idéologie de la science, d’où se dégage un certain culte au Père. Ce n’est pas en vain que Lacan a appelé d’ex-communion ce qu’il a souffert d’une partie des intégrants de la IPA (International Psychoanalytical Association) qui, au nom de Freud, ont interrompu son Séminaire “Les Noms-du-Père”.

Lacan non seulement nous avertie de cette problématique sur le chemin de la psychanalyse, mais aussi, à l’égard de la place de l’analyste, il nous incite dans la direction du réel impossible du Père, situant alors, le discours de l’analyste comme l’envers du discours du maître. Vu que dans le discours du maître la puissance stupide du signifiant fait que la question du Père augmente la puissance de l’Autre : l’exemple le plus radical de cela est l’imposition de mots dans la psychose, qui montre un Autre sans barre, équivalant au Père absolu de la jouissance. Pour cette raison, Lacan nous renvoie au non-sens produit par le réel impossible du Père. Il est référé à la possibilité de trouver autre chose qui ne soit par l’ordre de jouissance supposé par le pouvoir du signifiant dans le discours du maître. Une fois que, dans le discours du maître, le propre besoin de l’ordre implique que ce que l’on ignore c’est le besoin de discours. Alors, la question, comme nous le dit Lacan dans “L’Etourdit”, c’est que le signifiant puisse devenir moins stupide en son pouvoir, ce qui dépend de la possibilité d’arriver à constituer un dire. La constitution du propre dire troue le savoir, le savoir qui manque à la vérité pour être toute, et qui situe qu’en relation à l’autre sexe il n’y a pas de savoir.

Dans le cas où on arrive à constituer un dire, il se produit le détachement du sujet en relation à son dire, dans le sens que le dire se peut laisser, il n’appartient plus au sujet parce qu’il en est séparé, dans le sens que le dire ne fait plus partie de la relation du sujet avec l’Autre, de la fusion du a avec le A. Par conséquent, la constitution d’un dire dépend d’une opération que Lacan travaille plus particulièrement dans le Séminaire XX, et que j’ai lu pour la première fois chez Norberto Ferreyra, qui est le remplacement de l’Autre par a, opération qui situe le signifiant du savoir, le S2, comme le radicalement Autre, c’est-à-dire, comme la moitié femme de l’être parlant en tant qu’Autre sexe que le propre, qu’importe le sexe du sujet. C’est-à-dire que l’on met en jeu le réel comme impossible alors qu’Autre sexe. Cela établit que ce qui est dans le réel d’un signifiant à l’Autre signifiant est aucune relation, et que justement la relation sexuelle est ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire. Donc, il faut écrire dans la langue l’inexistence de la relation sexuelle pour qu’elle vienne s’inscrire dans le langage, c’est cela qui introduit le mouvement que Lacan a appelé de contre-analyse.

Certainement que les lettres de cet écrit ne sont pas de même dimension que la lettre dans l’instance de la lettre ni de la lettre de la lettre volée que l’on dit de l’inconscient structuré comme un langage, et qui situe la lettre quant au message dans sa fonction de renvoi et d’adresses destinataires du signifiant.

Il y a , alors, le besoin d’analyser sur différents départs, c’est-à-dire que ce qui a été traité de réel par le symbolique doit être réinterrogé dans un second mouvement, par conséquent, il ne s’agit pas de laisser de côté ce qui a été traité dans un premier mouvement, mais de prendre le peu de réel qui se trouve de ce côté du fantasme, qui est le côté de la moitié homme de l’être parlant dans la table de sexuation, et prendre de l’autre côté, le côté de la moitié femme des êtres parlants, par l’ex-sistance et par l’impossible. Ici le problème revient au départ, dans le sens de partir de où.

Nous avons dit que Lacan nous renvoie dans la direction du Père comme réel impossible. Mais ses questions sont problématiques et pour donner un exemple de cette problématique il suffit de prendre en compte que l’impossible, comme pris dans notre pratique, a un statut différent de l’impossible du sujet de la certitude et de l’incertitude cartésienne, qui a inauguré la science moderne. Et si, en principe, le sujet de la science est le sujet de la psychanalyse, sur ce point de l’impossible la psychanalyse et la science se séparent, car, alors que l’impossible de la science dit que réellement est impossible l’accès au réel, l’impossible dans notre pratique, le discours de l’analyste, qui se démontre par le nœud borroméen, va justement permettre l’accès au réel.

Mais la problématique a aussi à voir avec le temps du parcours, car quand est-ce que cela se différencie d’une manière qui ne soit pas idéologique et soit bien en stricte relation avec l’acte analytique, c’est-à-dire, qui soit en jeu ce qui est arrivé avec le désir dans une analyse, ou alors, quand s’agit-il de quelqu’un atteint par cet acte interne de la propre expérience d’analyse ?

Il s’agit d’une question pour les êtres parlants, ceux qui ont dans le sujet la marque du signifiant, et qui, le temps d’une analyse ont réussi à constituer un dire qui donne accès à l’écriture du nœud borroméen, qui est la non relation sexuelle. C’est par cette voie de référence à l’écriture que l’inconscient s’articule au réel, et que Lacan appelle “lalangue”.

Lalangue, tant que savoir réel de l’inconscient, reste en attente du sujet, et c’est comme cela que l’analyste le voit dans son acte. C’est lalangue qui fait se séparer le réel de la science et le réel du discours de l’analyste. Selon Lacan, tout ce qui s’articule dans le langage, y compris toute la formalisation scientifique, est une tentative de dominer de lalangue.

La question est que lalangue a besoin de supposition, a besoin d’hypothèse, et bien que toute la formalisation de la science soit pour dominer lalangue, le savoir de la science, sur ce point, ne fait pas d’hypothèse, c’est-à-dire, ne prend pas en compte la supposition. Au contraire, elle situe que le réel est sans hypothèse. Par exemple, Newton passe du cela tourne à cela tombe, mais ne sait pas où situer ce savoir, car il n’accepte pas qu’il a fait une hypothèse en relation au réel.

Cependant, comme Lacan nous dit dans le Séminaire XXI, Les non-dupes errent (qui par homophonie est aussi Les Noms-du-Père), le sujet qui a eu le privilège de l’expérience de l’analyse a besoin sur ce point de faire une hypothèse, faire une supposition en relation au réel, car lalangue, en tant qu’un savoir réel dans l’inconscient, tandis qu’elle articule l’inconscient avec le réel, a besoin de la supposition de l’existence du réel, juste pour que s’écrive la non-relation, c’est-à-dire l’inexistence de la relation sexuelle qui ne cesse pas de ne pas s’écrire.

Cette supposition et cette hypothèse sont de l’ordre de l’équivoque. L’inconscient pour s’articuler avec le réel du sexe doit être pris au niveau de l’équivoque, il s’agit d’une erreur grossière, dans le sens de ce qui nous gène par les pieds, et qui se passe à niveau de l’homophonie qui met cette écriture en jeu.

L’inconscient pris à niveau de l’équivoque situe un événement dans la structure, événement que Lacan dit être en attente, être en attente parce qu’il a à voir avec l’acte analytique et le désir de l’analyste. L’équivoque féminise et surgie par le Un de la reproduction des êtres parlants en relation à l’Autre radicalement Autre, soit donc, celui de l’Autre sexe. Ceci est au niveau de la reproduction des êtres parlants qui n’est pas le même que la reproduction de l’espèce ni la reproduction sexuée ou dos êtres humains.

Lacan dit dans le Sem. XXI: “ Je recommence. Je recommence puisque j’avais cru pouvoir finir. ”. Il s’agit du sujet de cette expérience privilégiée qu’est une analyse, un sujet qui commence à compter sur les signes qu’il y a cette expérience, ce ne sont pas les signes qui signifient quelque-chose à quelqu’un, il s’agit ici du signifiant comme signe du sujet, c’est-à-dire, le fait qu’il y a un sujet de cette expérience de la division par le signifiant.

Il s’agit, donc, d’articuler l’inconscient au réel en relation à ce que l’on a besoin d’écrire dans lalangue pour qu’il s’écrive dans le langage. Ce réel qui, au cas où il s’écrit, et il faut l’écrire, d’une fois que le groupe d’analystes est réel et l’analyste ne s’autorise pas plus que de lui-même et avec les autres.

Le savoir inconscient qui a à voir avec le réel, qui interroge le lieu où se fait relation parce qu’il est impossible de l’écrire, a à voir avec l’inconscient en tant que corps parlant, corps qui consiste en l’inconscient en tant qu’infirmité, et qui peut devenir consistant au cas où l’on prend la psychanalyse comme idéologie, au cas où l’analyste ne prépare sa position dans son discours pour son acte, vu que ce corps peut être détaché quand une supposition de l’hypothèse de l’existence du réel lacanien, vu que c’est son invention, donne les conditions pour cette opération.

Interroger au niveau de cette supposition, faire une hypothèse en relation au réel impossible, c’est-à-dire, en relation au réel de lalangue, interroger cette ordre supposé par le Un du sujet à l’Autre sexe, qui, comme nous l’avons dit, a à voir avec le savoir, le S2, en ce qu’il va beaucoup plus loin que sa secondarité en relation au S1, quand le a remplace A : fait tomber, liquide la capture du sujet dans un corps consistant de lettres que lalangue peut être. De ce fait, Lacan nous dit que pour notre acte nous avons besoin de savoir faire là, avec lalangue.

Si cette opération se passe, nous pouvons dire que ce qui tombe est le a, tant qu’il sert d’appui à l’inconscient comme infirmité, les lettres qui écrivent une jouissance qui n’existe pas, et qu’il est impossible d’écrire, et de par là même peut tomber, il tombe un savoir sur le sexe, qui n’existe pas, vu que sur l’Autre sexe, il n’y a pas de savoir; une fois que ce que l’on peut écrire, si l’acte analytique se passe, c’est la non relation sexuelle. D’un autre côté, lorsque Lacan nous transmet que le savoir s’invente, nous pouvons dire que nous avons le sujet en relation à la cause, le a comme cause. En ce sens, en relation au a comme cause du désir, quand c’est le manque que le sujet incorpore dans son incorporel, l’inconscient n’est plus que lettre vive, par conséquent, la redistribution des lettres dans le réel peut être inventé.

 

Isabel Martins Considera

Práxis Lacaniana Formação em Escola

I Colóquio Franco-Brasileiro de Psychanalyse

Convergência Movimento Lacaniano para a Psychanalyse Freudiana

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30 de abril e 01 de maio de 2010

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