LA PSYCHANALYSE DANS UNE ÉCOLE MATERNELLE

Je vais essayer de partager avec vous mon expérience de travail dans des écoles maternelles avec de petits enfants, d’abord comme maître et ensuite comme Educateur Psychopédagogique. Pour me situer, je précise que j’ai travaillé dans une école maternelle à Tomares et que, pendant 10 ans,

 

j’ai exercé comme professeur dans une classe d’enfants de 4 à 5 ans. Alors je ne peux pas faire abstraction de cette influence sur mon travail, particulièrement comme psychanalyste en formation ; j’ai eu l’avantage de ne pas être contrôlé par des instances éducatives, ce qui m’a permis de développer mon style propre. Une de mes interrogations au début était de savoir comment articuler ce que j’apprenais en psychanalyse avec mon métier d’instituteur.

Avant de développer, je voudrais citer quelques phrases de la 34ème conférence de Freud en rapport avec cette question:

“Mais il est un thème sur lequel je ne peux passer si facilement, non pas que je le comprenne particulièrement bien ou que j’y aie moi-même beaucoup contribué. Tout au contraire, je ne m’en suis presque jamais occupé. Mais il est particulièrement important et riche d’espoirs pour l’avenir, peut-être le plus important de tout ce dont s’occupe l’analyse. Je veux parler de l’application de la psychanalyse à la pédagogie, à l’éducation de la génération suivante. Je me réjouis de pouvoir dire au moins que ma fille, Anna Freud, a fait de ce travail la tâche de sa vie, qu’elle répare de cette façon mon omission”.

   

Ière PARTIE

 

I.    Ce n’était pas dans mon intention, comme maître d’école, de “faire une psychanalyse” avec mes élèves, mais il y eut deux aspects caractéristiques de mon travail: dans un premier temps, un regard psychanalytique inévitable qui était enrichissant pour mon travail quotidien et dans un deuxième temps, la tentative d’occuper un lieu déterminé dans la relation avec mes élèves et leurs familles. Ce lieu était incertain, puisque parfois j’avais à me consacrer à un travail d’enseignant et, en d’autres occasions, se créaient, sans que je sache comment, des situations rappelant un travail thérapeutique de groupe ou individuel d’un Psychologue. À partir de cette seconde attitude, j’ai pu envisager de façon avantageuse certains conflits qui apparaissaient, parce que je me trouvais en empathie avec les enfants et aussi avec leurs parents, disposition qui venait se superposer à l’utilisation d’activités comme par exemple les contes de fées, le dessin et la peinture. Peut-être que l’influence principale de la psychanalyse dans mon travail a été la compréhension des processus psychiques qui se produisent à cet âge et la possibilité de créer un climat de confiance avec mes élèves.

Je vais vous raconter une anecdote qui dans ces premiers temps, avait attiré l’attention de mes collègues; elles ont ensuite perçu de manière semblable beaucoup de situations:

Souvent, les premiers jours d’un enfant à l’École ne sont pas faciles, beaucoup pleurent et même vomissent, d’autres se taisent et sont inhibés, etc… La réponse de l’éducatrice est ici déterminante. Dans de nombreux cas on supportait les pleurs de l’enfant jusqu’à ce qu’il s’arrête, fatigué, au mieux à l’aide d’une caresse de la maîtresse. On lui dit des choses rassurantes comme: ne pleures plus, il n’y a rien de grave, ta maman va revenir plus tard. Dans certains cas, on voit même des parents partir en courant, laissant leurs enfants sans leur dire au revoir. Ces situations se sont transformées : les parents ont pu prendre congé de leurs enfants à la porte en leur disant la vérité et la maîtresse a essayé de prendre l’enfant, de le consoler et de l’accompagner jusqu’à ce qu’il se calme. Souvent, il suffisait de dire: “ peut-être que tu te sens triste parce que ta maman est partie au travail et tu préférerais être avec elle et ne pas venir à l’école, je comprends que tu te sentes mal; tu sais déjà que tous les jours, ta maman viendra te chercher après son travail pour rentrer à la maison: qu’est-ce que tu penses qu’on pourrait faire pendant ce temps pour nous amuser ? La plupart du temps, l’enfant sèche ses larmes et il est prêt à jouer, il se calme et il donne la main à la maîtresse. Il est étonnant de voir certains enfants passer de pleurs déchirants au calme, après avoir entendu ces paroles.

 

Le seul problème était que je ne me considérais pas comme un enseignant avec une formation psychanalytique, en analyse personnelle, mais comme un psychanalyste qui travaillait comme instituteur d’école maternelle. Au fur et à mesure des cours, cette dualité des rôles était de plus en plus pesante, faisant apparaître la nécessité de franchir une étape, ce qui induisait en moi certaines peurs, mais c’était devenu inévitable. Et c’est ainsi, qu’il y a 5 ans, nous avons créé dans l’école le service psychopédagogique que je coordonne.

 

II.  De toutes les conséquences qui en résultent, je voudrais en citer deux: la première est que la psychanalyse, ou plutôt un regard psychanalytique et un travail analytique personnel, peuvent améliorer la qualité du travail d’un maître ; c’est-à-dire que la Psychanalyse enrichit la Pédagogie. Et la seconde est qu’un travail avec des enfants, dans un contexte éducatif, donne au psychanalyste une vision de la réalité enfantine et familiale interne et externe difficile à acquérir sur le divan, dans la formation, ou sur la scène thérapeutique. C’est-à-dire que la Pédagogie enrichit la Psychanalyse. En fait, dans mon travail de consultation comme thérapeute d’enfants, j’utilise beaucoup de
supports acquis dans cette étape pédagogique, comme par exemple, les contes, des jeux, différents matériels facilitant l’expression, comme la peinture, l’aquarelle, le dessin et la construction d’objets, comme des bateaux, le baby-foot, des grafittis, des tableaux ou des boîtes en carton…

                 

III.       Ces outils favorisent le transfert avec le patient et représentent un allié très précieux puisqu’ils exercent une fonction encadrante nécessaire à l’avancée de tout

traitement. Je rappelle ici quelques paroles d’André Green au sujet de la fonction du cadrage: “Quand on s’est séparé de la mère, l’important n’est pas le souvenir de son visage, de son sourire, mais les éléments du tableau que représentait le contact avec son corps. Et qu’à ce moment ils ont donné un cadre à sa représentation” Interview  d’André Green. Revue de psychanalyse. Nº 6. 1999. Page 340.

Green dit que tout cadre clinique doit avoir la caractéristique d’être encadrant, ou bien qu’il impulse et favorise le travail psychique. C’est sur la scène transférentielle que se produisent des répétitions de conflits, et comme les enfants s’y confrontent, cela crée des occasions pour une intervention thérapeutique.

Là, je me réfère à une autre vignette:

  •     Comme psychanalystes nous savons l’importance qu’ont pour le bébé les jeux d’apparition et de disparition concernant l’élaboration de leurs angoisses, par exemple lorsqu’ils jettent leur hochet et que leur mère le ramasse à plusieurs reprises. Nous savons aussi quel bénéfice  psychique peuvent avoir les enfants à jouer à cache-cache. Par exemple, pouvoir être sans l’autre, élaborer ses peurs d’abandon, sentir qu’il y a une limite entre soi et ses parents. Dans ce domaine, à l’école nous faisons une activité d’expression nommée “Atelier de boîtes en carton” (qui prennent forme de maison, de bateaux, de voitures, de trains…) où les enfants peuvent jouer comme ils le veulent. Nous prenons soin également qu’il y ait dans toutes les classes un endroit sûr où ils peuvent se cacher. Nous conseillons à tout le monde, si vous avez des enfants petits, de mettre une grande boîte en carton avec une porte dans le salon sans donner à l’enfant d’instructions sur ce qu’il doit en faire. En général, ils peuvent être distraits un moment mais sauront vite s’en servir. En consultation également, cela m’a été très utile pour travailler avec certains enfants; je me souviens d’un patient de 9 ans avec qui j’ai joué à cache-cache pendant six mois. Il avait de sérieux problèmes de relation avec le monde extérieur; après une année de traitement, il a commencé à avoir toute une bande d’amis et à jouer brillamment au basket-ball.

 

Comme vous le voyez, ces pratiques nous ramènent hors du domaine de la consultation et je continue à évoquer mes aventures de psychologue en école maternelle.

Il y a cinq ans, j’ai commencé un travail de conseiller psychopédagogique dans plusieurs centres éducatifs. Dans ma propre école, j’ai situé ce travail dans plusieurs domaines: en direction des éducatrices, ou des familles, ou bien du centre éducatif et de l’observation d’un travail directement avec les enfants.

 

2ème PARTIE :

 

Le travail avec les éducatrices

Avec les éducatrices, nous avons convenu de maintenir des réunions mensuelles pour traiter des conflits quotidiens en classe ou avec les familles. Le premier problème que j’ai rencontré tenait à la place qu’occupaient les professeurs par rapport aux parents et à leur conception générale de l’éducation. Ils se situaient surtout du côté du savoir face aux familles et à leurs propres collègues, pour tout ce qui leur arrivait, autant du côté de satisfactions narcissiques que des problèmes qu’ils pouvaient rencontrer; ils pensaient pouvoir se débrouiller seuls et contrôler les situations. Ils devaient toujours savoir quoi faire et proposer aux parents une réponse à leurs attentes. On pouvait entendre des réflexions comme: “je suis arrivé à ce qu’il ne pleure plus”, “je vais travailler à ce qu’il ait plus d’estime de lui-même”, “j’ai dit à la mère ce qu’il fallait faire”, “enfin cet enfant mange”. Elles assumaient aussi des tâches qui ne sont pas de leur ressort en tant qu’éducatrices, comme changer les couches des enfants ou leur redonner leur sucette; il y a eu des campagnes fameuses de retrait des couches décidées pour le “sommeil”. D’autre part, il existe une certaine rivalité entre les éducatrices, repérable dans les phrases suivantes: “avec toi les enfants pleurent beaucoup” ou “dans ma classe ils ont déjà tous appris la couleur rouge”. Évidemment, ces phrases quotidiennes avaient à voir avec des difficultés à assumer leur propre castration, ce qui faisait qu’elles étaient soumises à une pression qui n’était pas exempte de jouissance.

Dans ces circonstances, je suis arrivé, seul homme dans un groupe de femmes. Bien sûr elles m’ont rapidement situé au lieu du savoir, attendant un discours universitaire qui aurait entretenu l’illusion qu’une complétude est possible ; elles acceptent de ne pas tout savoir, à condition que quelqu’un sache. Ce qui renvoie à la castration : que faire avec le manque?

Dans ces réunions, rapidement, elles ont pu se rendre compte qu’elles résistaient en me situant dans une toute puissance, ce qui leur a permis d’aborder les situations et les conflits en cours en acceptant que l’on puisse ne pas savoir, et de ce fait de résoudre beaucoup de situations quotidiennes. Com
me nous le savons, nous qui nous consacrons à ce travail, c’est une place difficile à soutenir dans un lieu éducatif et souvent il nous faudra louvoyer. Là le psychodrame psychanalytique m’a été d’une grande utilité.

Pendant ces années, j’ai pu constater comment elles ont été amenées à occuper une place plus tranquille, plus sereine, en étant moins sous pression, sans se mêler de tout, et sans vouloir satisfaire tout le monde.

Tout cela, j’essayais de le concilier avec ma pratique de séminaires et de consultation quotidienne. Bien que souvent, dans la quotidienneté, je me perçois comme une espèce de dépanneur-conseil, j’essaie toujours de donner du sens, de transmettre une élaboration qui permette une réflexion et bien sûr, sans énoncer des vérités absolues. J’ai l’habitude d’utiliser ces deux mots préférés de Montaigne «peut-être».

Je vais vous soumettre une autre situation typique des écoles maternelles et qui est généralement abordée uniquement sous l’angle de la conduite. Ce sont des situations que nous travaillons au cours de ces réunions avec les professeurs:

·          Un jour, au début de la récréation, plusieurs enfants d’environ deux ans et demi sont sortis en courant pour faire du tricycle; l’un d’eux est arrivé trop tard, il n’y avait plus de tricycle, alors il a frappé un camarade et lui a pris le précieux jouet. Pleurs, colère de l’institutrice

etc… Nous avons là deux situations à résoudre: que faire avec celui qui a été bousculé, et que faire avec l’enfant violent?

Pendant qu’une collègue secourait l’enfant qui était tombé, je me suis approché de l’autre enfant, Miguel, qui continuait, perché sur son trophée, et je lui ai dit: “on dirait que tu avais tellement envie de prendre le tricycle pour jouer que tu n’as pas pu te contrôler et que tu as poussé ton camarade, n’est-ce pas?”. L’enfant a acquiescé. – On dirait que tu désirais tellement le jouet que tu n’as pas tenu compte du mal que tu pouvais faire à ton camarade. Qu’est-ce que tu penses qu’on peut faire maintenant, Miguel? L’enfant a pris le tricycle, il s’est approché de son camarade, lui a demandé pardon et le lui a rendu.

L’enfant bousculé a repris courage et s’est mis en colère contre l’autre en lui disant avec vigueur: “ça ne me plait pas!!! Ne le refais plus!!!

La réaction habituelle dans de telles situations est de crier, de gronder l’agresseur, de chercher à le punir, etc…

 

 

 3ème PARTIE :

 

Le travail avec les familles

 

Dans mon centre, je situe le travail avec les familles à plusieurs niveaux:

1.   Les entretiens: ils ont lieu fréquemment à ma demande pour recueillir des données et échanger des impressions pendant la période d’adaptation, ou à la demande des parents comme consultation. En général, dans les premiers entretiens s’expriment des doutes, des réclamations, et j’essaie de calmer les angoisses dues à la première séparation d’avec leur rejeton et ainsi de créer des conditions pour répondre à leurs attentes tout au long de la prise en charge.

Pendant les échanges à la consultation, une centaine chaque année, sont abordés généralement des conflits typiques de la petite enfance. Comme on ne sait jamais le contenu latent de ce qui s’exprime, il faut y prêter beaucoup d’attention, pour ce faire je consacre une demi-heure à écouter et à questionner, tout en élaborant mes hypothèses. Mon objectif est qu’ils puissent accéder à la subjectivité, réfléchir aux différents aspects de leur demande et que l’on voit ensemble ce que nous pourrions faire. Tout cela en 50 minutes. Après cet entretien, je propose une orientation, ou bien je leur demande que nous nous revoyions encore. Il va sans dire que, presque toujours, c’est la mère qui vient.

Souvent, ils cherchent à calmer leurs angoisses et à essayer de réaliser ce qui leur arrive. J’ai pu parfois constaté ce qui suit:

–    La fonction paternelle est occultée, les pères de cette génération ont vécu sous la tyrannie de leurs pères et maintenant ils vivent sous la tyrannie de leurs enfants. On rencontre quand même des pères pour qui les choses sont claires et nettes.

–    Il existe un courant idéologique qui crée beaucoup de confusion. D’un côté, la mode Stivill avec ses techniques comportementales, on a aussi ceux qui plaident pour l’endogamie en recommandant un contact physique extrême entre parents et enfants durant la petite enfance (donner le sein jusqu’à deux ou trois ans, dormir tous ensemble dans le lit conjugal, se baigner avec les enfants…). Nous voyons certains de ces enfants arriver plus tard en consultations chez les psychologues avec des symptomatologies variées.

–    Psychologisation des discours parentaux: au lieu d’éduquer les enfants, on dirait qu’ils sont dressés à l’aide de techniques trouvées sur Internet.

–    Confusion à propos des limites: on passe de la permissivité aux cris et aux exigences. Il y a une difficulté à concilier les fonctions maternelle et paternelle, les exigences de la vie et le comportement des enfants.  Pendant ces entretiens, j’ai souvent tenté de faire émerger un lien entre la demande et les vraies raisons du conflit; une fois que ce lien leur apparaît, il est plus aisé de savoir quoi faire.

2.-Les réunions avec les parents: elles sont de deux types:

– Les discussions: j’expose un sujet et on en discute.

– L’atelier des parents ou l’École des parents: un groupe se crée, avec l’obligation d’y assister: il est difficile de créer un groupe de parents…

 Il y aurait plus de choses à aborder, mais parlons des enfants.

 4ème PARTIE :

 

Penser des liens

Les demandes faites par les parents sont généralement en rapport avec des moments d’angoisse devant une situation qu’ils ne savent pas résoudre: de nouveau, il fait pipi alors qu’il se contrôlait, je ne sais pas comment lui enlever la sucette, comment lui enlever les couches, il est jaloux de l’arrivée de son petit frère, il fait beaucoup de colères, comment vais-je le sortir du lit, que faire pour qu’il puisse se passer du sein, comment lui apprendre à dormir seul… En général, les parents cherchent une orientation, que quelqu’un les écoute, les tranquillise et les aide à penser comment affronter ces situations. Nous pourrions dire qu’ils cherchent quelqu’un qui sait, parce que eux ne savent pas, thème que j’ai déjà abordé. C’est là que je commence à penser en termes de liens, dans

deux directions: d’un côté en amont, il s’agit de faire le lien entre la partie émergée de l’iceberg et les origines et l’histoire familiale, et en aval, de créer les conditions pour pouvoir résoudre la situation. Quand les parents ne savent pas comment s’y prendre, je leur dis que s’ils sont prêts à associer, alors je peux les aider.

Quand ils ont la possibilité de se confronter à cet obstacle et d’élaborer symboliquement pour pouvoir se situer comme sujets de désir, les parents peuvent se familiariser avec l’accession à cette approche. Il est surprenant de voir comment avec un seul entretien, ils sont souvent capables de prendre conscience de ce qui leur arrive et d’élaborer la situation, c’est-à-dire de donner un sens à ce qui se passe et de se préparer à un changement. Beaucoup de situations exposées par des parents se résolvent en très peu de temps et il n’est pas nécessaire d’aller plus loin.

Si on intervient uniquement du point de vue du comportement, on rate une occasion en or pour que les parents puissent se situer comme sujets autonomes percevant leurs enfants comme sujets désirants et non comme des individus à dresser.

C’est souvent quand il n’y a pas d’outils symboliques pour construire des associations que nous rencontrons de la pathologie. Je m’arrête là.

Au début, quand l’enfant naît, c’est dans la rencontre avec sa mère que se constitue son psychisme. Il ne distingue pas le moi du non-moi et la fonction maternelle est importante pour le rapprocher peu à peu et en douceur de la réalité. Au cours de ce processus, beaucoup de choses peuvent se produire; je ne vais parler que de celles liées à la pathologie des limites, thème que je rencontre de plus en plus. Il y a des enfants qui ont une limite interne si faible qu’ils ne peuvent pas se contrôler. Quand on n’a pas respecté le rythme nécessaire, propre à l’enfant, et que l’on ne lui a pas procuré les outils symboliques indispensables en tant que limites (la tendresse, des objets de substitutions, de transitions, des contes, des chansons, des jeux,…): les pulsions ne sont pas réfrénées, ni transformées et s’expriment dans le corps sous forme de décharge. Nous rencontrons là des problématiques diverses: hyperactivité, inattention, problèmes d’apprentissage, etc… On est proche de la médicalisation des processus psychiques. En général, dans ces cas, on observe une structure familiale effacée qui ne soutient pas les processus psychiques infantiles, qui n’offre pas de limite externe adéquate, ce qui permettrait que les enfants aient des limites internes susceptibles de calmer leurs tensions et de favoriser la représentation symbolique.

Je profite de cette occasion pour inciter la corporation des psychanalystes à sortir de leurs cabinets, à porter notre discours dans toutes sortes de forums, à nous faire comprendre des gens sans utiliser des mots trop savants. Je crois que nous devons traiter notre propre angoisse de séparation (parents – maîtres en psychanalyse) et oser expérimenter la psychanalyse dans la vie quotidienne.

Je voudrais aussi faire une proposition. J’ai reçu récemment un document, élaboré par quelques Psychanalystes, entre autres Silvia Bleichmar et Ricardo Rodulfo, sur le traitement médical des enfants, présenté au gouvernement argentin. Je propose de créer une commission qui élabore un document et qui le fasse parvenir aux différentes institutions officielles existantes.

 

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