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Congrès de Paris - 2016

Je voudrais aujourd’hui insister sur la particularité de notre congrès. En effet nous allons utiliser trois langues et c’est un grand moment pour la psychanalyse , aussi je souhaite tout particulièrement la bienvenue à nos collègues de Dublin et spécialement à Donna Redmond qui en a eue l’initiative ainsi qu’à tous ceux qui ont cru bon faire de grands voyages pour ‘compartir’ , c’est le mot espagnol qui me vient et qui est plus représentatif de ce que AF propose que celui de  ‘partager’,  c’est-à-dire le pari d’ un’ partir avec ‘quelques autres qui ne se réduisent pas seulement à des sujets différents  mais qui sont aussi des langues différentes. Aussi bien venue également à nos collègues chiliens, à ceux qui viennent d’Espagne, et à tous ceux qui, n’ayant pas pu faire le voyage vont nous écouter par Skype depuis Buenos aires ou Valparaiso.

Les catégories Névrose-Psychose–Perversion se sont distinguées en psychiatrie par la description de syndromes : des groupements symptomatiques et des évolutions qui leur sont associées, accompagnés ou non d’hypothèses étiologiques. Elles ont reçu avec Freud des contenus psychopathologiques différenciés allant infiniment plus loin que les descriptions et hypothèses qui les ont précédé et ouvrant dans certains cas à une thérapeutique raisonnée et cohérente avec cette psychopathologie.

 Mon travail porte sur le déploiement de cette phrase de Lacan, extraite de son séminaire intitulé « Des Noms-du-Père » dans l’unique leçon du 20 novembre 1963 :

Rien de nouveau sous le soleil, pourrait-on dire ?  «ce qui s’est fait se refera ! ». Alors de quoi parlons-nous me demanderez-vous ? 

Pulsion invocante et ex-sistence :

Donner de la voix …Une ex-centricité nécessaire pour les inaudibles ?

« Ce qui est rejeté du symbolique,  reparait dans le réel. Telle est la clé de ce qu’on appelle le symptôme. Le symptôme, c’est le nœud réel où est la vérité du sujet.[1] »

Pointer les oreilles vers le ciel…et après ?

Introduction

Dans cet exposé, je vais re-présenter des concepts lacaniens et freudiens pouvant offrir des coordonnées dans le cadre du travail clinique. L’adolescence peut s’avérer une période de rupture pour le sujet ou, pour citer le poète William Butler Yeats, une période où « tout se disloque. Le centre ne peut tenir. » (La Seconde venue, 1919).

Texte suivi de la discussion de Laurent Ballery

Il y a une question qui rode autour de la psychanalyse depuis sa naissance  concernant la question de savoir si elle est une science ou non.

Il existe de nombreux arguments pour montrer que la psychanalyse n'est pas une science. Nestor Braunstein, au cours de sa controverse avec Allouche[i], nous dit que l'irréductibilité du Sujet et de l'Autre, leur incommensurabilité radicale, rend impossible l'intégration de la psychanalyse à la Science. Après d'autres arguments tout aussi convaincants, il cite Lacan (1977): “…l’on doit prendre la psychanalyse au sérieux même si elle n’est pas une science.[ii]

Certains analysants n'arrivent pas dans nos consultations en se faisant représenter par leurs symptômes, en faisant passer à travers la parole leurs problèmes avec l'Autre et en associant selon le mode classique.

Il s’avère que la question du progrès n’est pas aussi simple qu’il pourrait y paraître. L’équivalent le plus évident en apparence serait celui d’un mieux, mais pour qui et dans quelle direction ? Actuellement, par progrès, on aurait tendance à entendre essor ou développement ou…. Croissance. Toujours est-il que l’idée de progrès semble liée à la civilisation, à un plus de civilisation, mais là encore se pose la question ; est-ce aussi simple ? Ne serait-que parce que l’idée de progrès ne semble pas s’accorder avec l’idée de crise. Pourquoi donc les crises qui semblent s’originer du progrès supposé et peut-on alors parler d’une évolution positive de la civilisation si c’est la crise qui en résulte ?

I)  PSYCOPATOLOGIA

Grand honneur, grand plaisir d’être ici comme participant dans le Congrès organisé par mon cher ami, Robert Lévy. Le thème de mon exposé est suffisamment explicatif de ce que j’ai l’intention de vous transmettre. Je trouve que nous sommes arrivés à une vraie croisée de chemins dans la démarche de la pensée qui oriente la clinique psychanalytique lacanienne et la transmission du savoir acquis. Nous sommes aujourd’hui dans un point de choix non inclusif que je résume dans le titre comme opposition entre deux façons de concevoir la clinique: positions subjectives versus structures cliniques. Deux syntagmes décisifs pour définir la position de l’analyste par rapport à celui qui pâtisse et formule une demande que doit être différenciée de  celle qu’on ferait au magicien, au prêtre ou au médecin en tant que lui, il serait le représentant de la science et du savoir universitaire. Le titre de mon exposé de cet après-midi c’est le même que celui que j ‘ai donné à une conférence soutenue en New York dans l’année 2014.