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Refiexions autour de l'article de  Jacques Sedat "La dette, l'échange et le sacrifice " che vuoi - revue de psychanalyse - l'argent - n° 24

Le Don ? de Marcel Mauss, dans son essai :

- le don entraîne obligation, l'obligation de rendre des présents. Il est à la fois cadeau et poison. en grec pharmakon (poison et remède). Le don comme remède est fondamentalement ambivalent. Dans les sociétés endogamiques, Mauss dit qu'il n ' y a de la culture, de fait humain que parce qu'il y a échange. L'échange volontaire et les dons sont faits pour obliger l'autre à donner, et à rendre. Triple obligation chez les humains (différence avec les animaux) : donner, recevoir, rendre.

Il y a peu de livres dont la lecture suscite l’impression de découvrir une pensée qui renouvelle les idées installées et au repos dans notre esprit œuvrant à son labeur quotidien. Le livre de Bernard Baas, « Y a-t-il des psychanalystes sans-culottes ? » en est un décidément (1). Bernard Baas, philosophe, poursuit un dialogue avec la psychanalyse dans lequel il illustre qu’une confrontation entre disciplines ayant une portée subversive pour l’une et pour l’autre peut-être profondément cohérente avec la démarche propre à chacune d’elles. La subversion éprouvée est celle de lire sous la plume d’un philosophe le discours d’un sujet qui pratique le passage d’un discours à un autre des discours définis par Lacan comme ceux du maître, de l’universitaire, de l’hystérique et de l’analyste. Il ne se contente pas d’une démarche rigoureuse en tant que philosophe, rigueur qui le conduit à identifier la psychanalyse comme « organiquement » liée à la philosophie depuis l’avènement de la découverte de l’inconscient.

"Hiatus sexualis". Le titre de l'ouvrage de Guy Le Gaufey provoque le lecteur à sa lecture au sens où l'on peut y aborder la question du réel sexuel à travers un jeu de connaissances savantes qui relèvent de champs aussi divers que l'histoire, la psychanalyse et la théologie. Nombreux y sont les textes de référence dans ces domaines, et qui contribuent à la construction même du texte de l'auteur, sa lecture des élaborations de Lacan sur "l'impossible rapport".

S'interroger sur la manière dont les analystes peuvent prendre la parole dans le débat public et à quel titre, ne revient pas seulement à questionnner ce qu'est le discours de l'analyste, mais aussi ce qu'est la politique aujourd'hui. Pourquoi l'analyste se sent-il en effet interpellé par les questions politiques? Qu'a-t-il à en dire si tel est tant qu'il ait à en dire quelque chose ? Inversement, a-t-il même le choix de ne rien en dire ? Serait-ce parce que le psychanalyste est intimement interpellé par la question de la parole qu'il se sent particulièrement concerné par le cas qui en est fait aujourd'hui dans la Cité ? Or précisément, c'est à réfléchir sur le lien existant entre parole et politique que Jean-Claude Milner nous invite à travers son livre intitulé "Pour une politique des êtres parlants ", qui est tout autant une réflexion sur ce que pourrait être aujourd'hui une politique du sujet. De toute évidence, sur ces questions, psychanalyse et politique s'articulent.

Paris, Editions Hermann, 2009, 450 pages.

Ce livre prend pour point de départ la division fondamentale promue par la découverte freudienne et propose d’aborder des questions auxquelles confronte une expérience de clinicien et de psychanalyste : Qu’en est-il de la pulsion de mort et de la destruction ? Comment comprendre le rapport de l’humain au désir et à la jouissance ? Pourquoi la haine et la guerre ? La création artistique est-elle essentiellement sublimation ? Pour illustrer son propos, l’auteur se met délibérément en position de sujet clinique, témoignant de son histoire personnelle : Né à Paris en 1940, dans une famille juive d’origine polonaise, il s’est heurté d’emblée au monde hostile de la guerre. Son père fût déporté à Auschwitz en 1942 et revint en 1945, malade, décharné. Travaillant auparavant comme tailleur, il reprit son activité et devint confectionneur de vêtements. Son fils Robert débuta des études de psychologie et, dès la fin des années 60, dans le même temps qu’il commençait à travailler en tant que psychologue en psychiatrie et qu’il débutait une carrière universitaire, il s’engagea dans une démarche psychanalytique, qui lui fît rencontrer Pierre David, Françoise Dolto, les séminaires de l’Ecole Freudienne de Paris, Claude Dumézil, puis Solange Faladé, qu’il suivit dans ses élaborations cliniques et théoriques, participant à la vie de l’Ecole Freudienne qu’elle avait fondée, avec quelques autres, en 1983.