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Cycles de cinq conférences par Chantal Cazzadori 2016/17

Le sujet de l’inconscient existe-t-il encore sans le repérage des trois structures ?

Que soutient la psychanalyse quand elle parle de sujet ?
Le patient, considéré comme être unique va manifester sa souffrance par des symptômes, dans un discours qui lui est propre. Son énonciation faite de signifiants va le représenter.
Aujourd’hui, la posture scientifique se renforcerait par de nouvelles appellations cliniques : toc, bipolaire, phobies, états anxieux etc... Qui feraient fi desapports que nous précisaient les trois structures du sujet : « Névrose, psychose et perversion », de plus en plus remise en question. La nouvelle donne, consiste donc à classer, évaluer, quantifier et nommer une souffrance ; c’est prendre ainsi un raccourci considérable afin d’interroger et d’interpréter, les effets et non la cause du mal-être, en lui donnant du sens. Le statut de sujet disparaît, annulant « le lieu du grand Autre », qui lui préexiste. Nous constatons qu’une tentative de rompre irrémédiablement avec des concepts freudiens et lacaniens, s’insinue à travers des items propres au DSM 4, 5 et 6 pour stigmatiser une nouvelle pathologie comme lieu de vérite scientifique.

La psychanalyse en tant que « Science du Réel », peut-elle encore s’y reconnaître ? Si le sujet A-Venir, s’achemine à partir de sa structure au cours de sa cure dans sa relation à la parole, que devient celui qui est soumis aux signifiants idéologiques, psychosociaux, universels induits par l’Autre de la Science ?

Comme nous le rappellera Robert Levy, dans son séminaire, Freud a très tôt renoncé aux « comportements » en introduisant dans son interprétation des rêves, la métaphore et la métonymie comme lois du langage. Lacan poursuivra en délimitant l’énonciation, l’évidement de l’objet, l’effacement de la trace et la relation à la parole. Devant ces nouvelles tentatives d’effacer le sujet de l’inconscient en faisant table rase des connaissances psychanalytiques, c’est tout un corpus qui est ainsi attaqué pour justement normaliser le sujet en l’objectivant.
Nous re-préciserons lors des cinq conférences prévues à Amiens, auprès d’un public d’étudiants en Sciences Humaines, d’analysants, de praticiens, voir de gens intéressés par ces questions, ce qu’il en est du discours propre à chaque structure, qui ne fige pas pour autant le sujet dans telle pathologie structurale justement, mais lui permet de nouer en alliant le réel, le symbolique et l’imaginaire à sa manière,

à condition que l’analyste ne soit pas lui-même pris dans la chose. 

Chantal Cazzadori 

 

Dates des conférences : Lundi 7 nov de 19H à 21H 

Lundi 5 déc de 19H à 21H 

Lundi 30 janv. de 19H à 21H 

Lundi 13 mars de 19H à 21H

 Lundi 3 avril de 19 à 21H