convergencia : Folie de l'institution/création de la folie
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- Créé le samedi 26 mars 2011 17:57
2 avril 2011
Rebond du colloque : « Normativité, création, transmission dans la psychanalyse »,
nous vous proposons un cycle de films et de débats qui viennent donner corps à la question de
la normalité, de la folie, et de la normativité.
Là où les institutions, asphyxiées de gestionnaire
et de sécuritaire, viennent engrillager la folie, des lieux d'accueil de la folie peuvent la rendre
créatrice. La folie lieu de mort, mais aussi la folie lieu de vie, antidote à la mort psychique, à
condition que …
SAMEDI 2 AVRIL de 14 à 18h
Faculté des Sciences Paris Jussieu, Amphi 45A Tour 45 4
place Jussieu 75005 Paris,
Inscription sur place: 10 Euros 1ere séance
l'Atelier du Non-Faire avec
« La tête dans les toiles »
film de 52' de Patrice Rolet
Présenté par Danièle Epstein
Suivi de débats, et de témoignages
Modérateurs : Fabienne Ankaoua et Paolo Lollo Avec Patrice Rolet (Réalisateur), Christian Sabas (peintre et
musicien Fondateur de l'Atelier du Non-Faire), Ismaïl Konate (peintre et directeur général de
l'Atelier du Non-Faire), Xavier Amar (peintre, musicien, comédien, écrivain de l'Atelier du
Non-Faire).
Et avec_Guy Dana, Barbara Didier, Françoise Fabre, Nabile Fares, Caroline
Gillier,_Dominique Le Vaguerèse, Céline Masson (psychanalystes) _et Marc Bonnet (peintre)
Jean Daviot (artiste plasticien).
Renseignements & Presse : 06 26 80 34 71_
Une visite de l'Atelier du Non-Faire sera organisée, sur inscription, Samedi 30 Avril 2011
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« Comment d'un lieu de création peut-on faire un intermédiaire,_ une porte ouverte sur
l'extérieur, sur l'intérieur,_ et un vivre "avec" notre folie? » Christian Sabas
« Lieu atypique vers le possible….ce lieu peut-être considéré comme un essai de
destruction des structures asilaires, de destruction des résidus de l'ancien système
psychiatrique, car il est une tentative de reconstruction des personnalités désarticulées, au
travers d'un « ailleurs » créatif, indépendant du fonctionnement administratif et médical de
l'institution » : ainsi se présentait l'Atelier du Non-Faire, au cœur du parc de l'hôpital de
Maison Blanche. A l'origine, un infirmier psychiatrique, Christian Sabas, refuse le
quotidien asilaire, plus enclin à jouer de la musique et à peindre avec les patients qu'à faire
des piqûres : « Le travail du soignant ne peut être que de veiller à l'apparition d'une en-vie »
écrit-il. Le conflit éclate le jour où il invite des musiciens à venir jouer avec les patients!
Avec l'aide et le soutien de son chef de service, le Dr Pariente, un arrangement avec
l'administration lui permettra d'occuper un pavillon abandonné qui deviendra dès lors un lieu
hors du commun. Très rapidement, les malades hospitalisés découvrent au hasard d'une
promenade ou par le bouche à oreille cet ancien bâtiment qui se transformera en un
gigantesque espace d'expression investi par les patients. Fébrilement, ils se mettent à l'œuvre
avec des matériaux de récupération pour faire support de création: papiers, cartons, draps. Au
gré de leur humeur, ils passeront jouer d'un instrument, manipuler un pinceau, écrire,
approcher l'informatique… ou même « ne rien faire » du tout. « Créer simplement les
conditions de faire ou de ne rien faire, laisser la place aux « en-vies » » …. Tel fut le pari de
l'Atelier du Non-Faire, lieu alternatif à l'intérieur de l'institution psychiatrique, qui fait la part
belle à l'inétabli, à l'imprévu, à ces marges où l'essentiel peut se mettre à l'épreuve. « Quand
l'espoir n'a plus que la vague forme d'un cendrier plein… », écrivait une artiste de l'Atelier du
Non-faire, alors danser, chanter, faire de la musique, peindre, sculpter, écrire, sont autant de
façons de gagner sur l'informe qui fait masse, pour habiter son corps psychiquement vivant.
Toutes les salles de cette immense bâtisse abandonnée seront peu à peu occupées sous
l'effet de ce pousse-à-créer : 1000m2 de salles et de couloirs, de dédales et d'abysses, où
s'exposent et s'entassent des milliers de créations d'hommes et de femmes, aux prises avec la
douleur d'exister. Avec la fermeture de l'hôpital de Maison Blanche en 2006, le devenir
de l'Atelier qui ne respecte pas les normes sanitaires, est posé. Constitués en association dès
99, ils résistent, établissent des dossiers de presse, trouvent des mécènes, des fondations qui les
soutiennent, refusent que les collections soient dispersées dans divers musées dits d'art brut,
pour sauvegarder l'ensemble de la collection dans ce qui serait un « Musée d'Art Vivant ".
Dans l'incertitude, l'Association du Non-Faire n'en finit pourtant pas d'inventer : évènements
rythmés par des performances, symposiums, expos, concerts, à Paris, à l'étranger. Les peintres
du Non-Faire exposent et vendent leurs œuvres, les musiciens se produisent et enregistrent.
En 2001, Patrice Rolet réalise un documentaire « La tête dans les toiles », véritable
plongée dans le bain de la condition humaine, saisie par la douleur d'exister et la liberté de
créer. (Danièle Epstein)

